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Présidentielle en Colombie : les électeurs commencent à voter sur fond de flambée des violences

Les favoris du scrutin s’affrontent sur la direction à prendre pour venir à bout d’une récente flambée de violence des groupes armés. Les bureaux de vote sont ouverts de 8 heures à 16 heures (heure locale) et les résultats sont attendus quelques heures après la clôture.

Présidentielle en Colombie : les électeurs commencent à voter sur fond de flambée des violences
HaitiCreoleRadio.com

La gauche va-t-elle rester au pouvoir en Colombie ? Les citoyens du pays sud-américain ont commencé, dimanche 31 mai, à voter pour l’élection du successeur de Gustavo Petro, le premier président de gauche de l’histoire du pays, en fonctions depuis août 2022. Dans un contexte de violences sans précédent depuis dix ans, les Colombiens pourraient choisir d’opérer un virage à droite.

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Les bureaux de vote sont ouverts de 8 heures à 16 heures, heure locale (15 heures à 23 heures à Paris), et les résultats sont attendus quelques heures après la clôture. La Colombie connaît, en effet, sa pire flambée de violence depuis la signature de l’accord de paix avec la guérilla des FARC en 2016. De nombreux dirigeants communautaires ont été assassinés, des civils ont péri dans des attentats et un prétendant à la présidence a été tué.

Les favoris du scrutin s’affrontent sur la direction à prendre pour venir à bout du conflit armé interne vieux de six décennies : continuer à négocier la paix avec les groupes armés qui ont prospéré ces dernières années, ou bien utiliser la force pour venir à bout des guérillas, ex-paramilitaires et cartels.

Ivan Cepeda en tête des sondages

La Constitution interdit à Gustavo Petro de briguer un second mandat. Mais malgré son absence sur les bulletins, « la campagne tourne autour de Petro », relève Yann Basset, professeur de sciences politiques à l’université du Rosario de Bogota, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP).

Ce dirigeant clivant jouit d’une forte popularité parmi les classes populaires après avoir réduit la pauvreté, le chômage, augmenté le salaire minimum et élargi les programmes sociaux dans l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Sa politique, sécuritaire notamment, est néanmoins vilipendée par l’opposition. Les sondages placent son dauphin, le sénateur de gauche Ivan Cepeda, 63 ans, en tête du premier tour. Ce philosophe et défenseur des droits humains mise sur la poursuite des réformes sociales et des négociations de paix avec les groupes armés, jusqu’ici infructueuses.

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Sur ses talons, Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire excentrique de 47 ans qui se fait appeler « le Tigre » et gratifie ses supporteurs d’un salut militaire, promet la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles. Il recueille environ un tiers des intentions de vote, et devrait se retrouver au second tour le 21 juin face à M. Cepeda.

Une autre candidate de droite est également dans le trio de tête, selon les enquêtes d’opinion : Paloma Valencia, sénatrice de 48 ans adoubée par le puissant ancien président conservateur Alvaro Uribe (2002-2010). Elle prône un recours accru aux forces de l’ordre.

L’avenir des relations avec Washington en jeu

Le Conseil national électoral a tenu à rassurer sur le maintien de l’élection présidentielle dans ce climat de violences. En Colombie, « les organisations criminelles décrètent unilatéralement, avant les élections, un cessez-le-feu pour que le scrutin se déroule calmement », a souligné auprès de l’AFP le magistrat Alvaro Echeverry.

Ivan Cepeda, fils d’un homme politique communiste assassiné dans les années 1990 et contraint dès l’enfance à l’exil, met l’accent dans sa campagne sur « les exclus » : les victimes du conflit armé, les indigènes et les paysans. « Vaincre définitivement la pauvreté et en finir avec l’inégalité sociale, telle sera la priorité essentielle de notre deuxième gouvernement », a déclaré, samedi, le candidat.

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De son côté, Abelardo de la Espriella a promis d’« étriper la gauche ». Il se présente en « entrepreneur » qui n’« appartient pas au monde de la politique » et s’adresse à la classe moyenne qui travaille. Admirateur du président américain, Donald Trump, et de ses homologues salvadorien et argentin, Nayib Bukele et Javier Milei, il propose de construire dix mégaprisons, de réduire de 40 % la taille de l’Etat et de bombarder les campements des trafiquants de drogue en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne.

L’avenir des relations avec Washington est également en jeu dans cette élection, alors que M. Petro avait eu maille à partir avec M. Trump.

Le Monde avec AFP

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