Livre. Le sud de la République démocratique du Congo (RDC) est une région immense et Michel Naepels n’en a fréquenté qu’une petite partie, celle qui jouxte le lac Moero dans le Haut-Katanga. Entre 2011 et 2016, l’anthropologue, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, y a séjourné à plusieurs reprises, plus exactement dans la zone rurale autour de la ville de Pweto, où il a mené une enquête de terrain publiée aujourd’hui sous le titre de Chroniques de l’intranquillité (EHESS, Gallimard, Seuil, 336 pages, 23,90 euros).
Michel Naepels, qui a déjà publié de solides travaux sur la Nouvelle-Calédonie et la RDC, cherche à restituer les modalités de l’existence quand tout est disloqué. Plutôt que d’insister sur la vulnérabilité des personnes qu’il rencontre – bien réelle –, il entend mettre l’accent sur l’agitation anxieuse ressentie au quotidien lorsque le monde familier s’effrite et que l’avenir semble fuir.
Aussi ces pages peuvent-elles être lues comme la restitution d’expériences quand « la vie a diminué », selon l’expression de l’un de ses interlocuteurs. Au Haut-Katanga, riche région minière, se produit – comme dans d’autres endroits du monde – un processus d’accaparement des ressources au bénéfice de quelques-uns. Le recours à la violence pour maintenir ses intérêts est courant, et des groupes armés, qu’ils soient militaires, privés, ou de nature politique – sans exclusive –, menacent régulièrement les habitants du territoire. Ces derniers choisissent souvent la fuite, de peur d’être assimilés au camp ennemi s’ils restent sur place. Ces exodes s’avèrent tragiques comme ils le sont tous : abandon des biens, des champs, de récoltes à venir, des écoles…
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