[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 2 novembre 2024 et republié le 12 juin 2026]

Confucius disait : “Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.” Plus facile à dire qu’à faire. Plus des deux tiers de la population active ne sont pas très impliqués dans leur travail, comme le montre l’enquête annuelle menée par l’institut Gallup partout dans le monde.

Et même ceux qui ont la chance de vivre de leur passion peuvent connaître des moments difficiles au travail. Notre métier n’est pas seulement un gagne-pain, il a aussi une influence considérable sur notre santé mentale. Il faut donc savoir reconnaître les indices d’un besoin de changement, qui peut passer par un nouveau poste au sein de l’entreprise, un nouvel employeur, ou un projet d’auto-entreprise. Un des signes les plus évocateurs est connu comme le “blues du dimanche soir”.

À lire aussi : Psychologie. Vous détestez attendre ? Vous n’êtes pas le seul, et il y a des solutions

L’esprit se nourrit de l’avenir que l’on s’imagine. Cela explique pourquoi le dimanche devient compliqué quand notre travail ne nous plaît plus : cette angoisse ne concerne pas notre repos dominical mais anticipe le lundi matin. Or, ce phénomène ne se résume pas à un sentiment d’inconfort, chose normale que l’on a tous pu ressentir à un moment donné. Quand quelqu’un a “le blues du dimanche soir”, cette journée devient une véritable torture. Sautes d’humeur, maux de tête, estomac noué… Si tel est le cas, il faut remédier à cette situation au plus vite.

Ce travail qui nous ronge de l’intérieur

Autre facteur à prendre en compte : ne pas supporter son patron pèse énormément sur le moral. Aux États-Unis, on entend beaucoup : “les gens ne quittent pas leur entreprise, ils fuient leur manager”, et c’est ce que montrent également les études menées sur la question, en Espagne. Le manque de reconnaissance, la surcharge de travail, les promesses non tenues, ou encore les injustices dans la distribution des promotions sont les signes d’un mauvais chef. Là encore, il faut identifier s’il s’agit d’une situation ponctuelle, à laquelle on peut essayer de s’adapter, ou s’il faut prendre la décision qui s’impose.

À lire aussi : Société. La “solitude du week-end”, ou comment ne parler à personne pendant deux jours

Si, comme le dit le réalisateur Woody Allen, le travail est une intrusion dans notre vie privée, nous devons être d’autant plus vigilants face aux indices insidieux qui montrent qu’il commence à nous ronger de l’intérieur. Les signes précurseurs sont le manque de motivation et le fait que notre travail ne soit plus stimulant ou intéressant. Quand on a l’impression d’avoir fait le tour de son poste, la journée de travail passe au ralenti, on est frustré par le sentiment de perdre son temps en gâchant son potentiel, et on n’attend plus qu’une chose : le weekend et les vacances.

D’autres signes sont bien plus flagrants, et ces problèmes sont souvent plus difficiles à résoudre : des collègues qui nous font vivre un enfer, un manager toxique ou encore un projet d’entreprise bancal. Ces situations peuvent nuire gravement à notre santé mentale, ce qui doit nous convaincre de partir avant d’y laisser trop de plumes.

La dernière possibilité, c’est de réaliser son rêve et de devenir son propre patron. Le plus important, c’est de savoir quand faire le grand saut.

À lire aussi : Société. Au travail, les Européens sont de moins en moins heureux

Sergio Fernandez, auteur de Vivre sans patron (traduction parue aux éditions Solar en 2016), compare notre travail salarié et notre nouveau projet à deux avions. Tant que le second n’a pas atteint une altitude suffisante (c’est-à-dire un minimum de rentabilité), nous ne devrions pas quitter le premier (qui nous permet de boucler les fins de mois et d’apprendre d’autres choses). Il nous recommande aussi de soigner la transition entre les deux “avions” au moment de sauter le pas : “Quand on finit mal une étape, on a plus de chances de démarrer la suivante du mauvais pied”, explique-t-il. Et cette métaphore vaut pour tous les autres changements de nos vies.