À l’approche des élections de mi-mandat et six mois après le déclenchement de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février, qui n’a pas porté les fruits escomptés, le gouvernement Trump se rabat sur l’arme économique.

Lundi 24 août, il a lancé une campagne pompeusement baptisée “D-Day économique” – en référence au débarquement en Normandie, le 6 juin 1944 – “visant à isoler l’Iran de l’économie mondiale et menaçant de sanctions les pays ‘facilitateurs’ qui continueraient à faire des affaires avec Téhéran”, écrit CNBC. Le but de ce plan, “dont les détails de la mise en œuvre restent très flous” : couper les liens commerciaux qui ont “permis à l’économie de Téhéran de tenir le coup pendant près de six mois de guerre”.

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Si Washington mettait effectivement ses menaces à exécution, c’est la Chine qui serait potentiellement le pays le plus touché, constate le site de la chaîne de télévision américaine spécialisée dans l’information financière, qui publie un graphique établi à partir des données de l’Organisation mondiale du commerce pour 2024. Viendraient ensuite les Émirats arabes unis et la Turquie.

“La Chine est le premier acheteur de pétrole iranien et constitue un maillon essentiel reliant Téhéran à l’économie mondiale, puisqu’elle absorbe environ 90 % de ses exportations de pétrole”, précise CNBC. Le brut, raffiné en Chine, transite souvent par des intermédiaires “indonésiens ou malaisiens” et “les transactions sont réglées en dehors du système de paiement en dollar”, essentiellement en yuans. Ce mode opératoire opaque et complexe a permis pour l’instant aux grandes banques et entreprises chinoises d’éviter les sanctions américaines.

Permettre à Pékin de s’adapter

Il est toutefois peu probable que Washington attaque frontalement Pékin, quelques jours avant la visite du président Xi Jinping aux États-Unis, prévue le 24 septembre. “Le ministère des Finances a conçu l’ensemble du dispositif [de sanctions] de manière à laisser à la Chine une marge de manœuvre pour s’adapter en toute discrétion”, explique au Wall Street Journal Kerri Bitsoff, une ancienne haute responsable du Trésor. Le pays pourrait ainsi “éviter de se retrouver pris dans les mailles du filet”, résume CNBC.

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Deuxième principal partenaire commercial de l’Iran en 2024, les Émirats arabes unis viennent, de leur côté, de suspendre leurs relations avec ce pays après avoir essuyé deux tirs de missiles balistiques iraniens.

“L’Iran s’est appuyé sur les banques des Émirats arabes unis pour accéder à l’économie mondiale par le biais de transactions illicites, souvent opaques, selon une note du Washington Institute évoquée par CNBC, et isoler l’Iran nécessiterait des mesures plus énergiques de la part des autorités émiraties”.

Enfin, la Turquie, troisième partenaire de l’Iran, “exporte principalement des machines et des pièces détachées, des produits chimiques et agricoles” vers ce pays, et importe “des produits énergétiques”. Bien qu’Ankara “ait cherché à se diversifier en s’approvisionnant auprès d’autres fournisseurs”, essentiellement en Azerbaïdjan et en Russie, la Turquie n’a, “jusqu’à présent, pas laissé entendre qu’elle avait l’intention de se passer de l’Iran.”