Gianni Infantino est l’un des hommes forts de la Coupe du monde de football 2026, qui se tiendra du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Le patron de la Fifa (Fédération internationale de football association) entend rester encore plusieurs années à la tête de la puissante organisation.

Quel est son parcours ?

Gianni Infantino est né en 1970 à Brigue, dans le canton du Valais, en Suisse. Il possède les nationalités suisse et italienne. Fin 2025, L’Orient-Le Jour rapportait que le président Joseph Aoun lui avait octroyé la nationalité libanaise pour “son rôle dans le développement du football et son soutien constant au football libanais”.

Juriste de formation, Gianni Infantino rejoint le Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel en 1995, puis l’Union des associations européennes de football (UEFA) en 2000. Quatre ans plus tard, il devient directeur des affaires juridiques de l’organisation.

Sous la présidence de Michel Platini, élu en 2007 à la tête de l’UEFA, Gianni Infantino prend du galon en étant promu directeur général. Deux ans plus tard, il est nommé secrétaire général de l’association et devient le bras droit du Français.

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Comment est-il arrivé à la tête de la Fifa ?

La carrière de celui que le quotidien suisse Le Temps décrit comme un “ambitieux” ayant su tisser “un impressionnant réseau” prend une autre dimension en 2015. En juin, le président de la Fifa, le Suisse Sepp Blatter, annonce sa démission quelques jours après sa réélection, sur fond de scandale de corruption au sein de la fédération.

Michel Platini officialise sa candidature pour lui succéder, mais, en septembre, une procédure pénale est ouverte en Suisse contre Sepp Blatter, soupçonné du “paiement déloyal” de 2 millions de francs suisses (près de 2,2 millions d’euros actuels) à l’ex-numéro 10 des Bleus. Les deux hommes – acquittés en 2022 – sont suspendus de “toute activité liée au football”.

Avant même que Michel Platini ne renonce formellement, l’UEFA adoube Gianni Infantino comme candidat. Le “préposé affable et polyglotte des cérémonies de tirage au sort”, devenu “plan B” de l’Europe dans la course à la Fifa, écrit Le Temps, est élu en février 2016 à la tête de l’organisation, dont il promet de “restaurer l’image”.

Quelles polémiques marquent sa présidence ?

Réélu en 2019 et en 2023, Gianni Infantino a confirmé qu’il briguait un nouveau mandat lors du congrès de la Fifa à Vancouver, au Canada, fin avril. Sous sa présidence, la Coupe du monde est passée à 48 équipes – à partir de 2026 –, l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) a été introduite et l’instance a engrangé des revenus records.

Son bilan est critiqué, notamment en raison d’un manque de transparence et d’une logique commerciale de plus en plus poussée, en témoigne le prix des billets à la Coupe du monde 2026. Son nom est aussi associé aux éditions 2018 et 2022 (en Russie et au Qatar), même si elles avaient été attribuées sous la présidence Blatter. Bien qu’entachées de soupçons de corruption et de controverses sur les droits humains, il les a défendues en “occultant” ces sujets, souligne le média américain Politico, “se rapprochant des dirigeants de ces pays”.

Gianni Infantino, qui a affiché sa proximité avec Vladimir Poutine, plaide pour lever la suspension de la Russie des compétitions internationales, suscitant l’indignation de Kiev. Il a par ailleurs œuvré à l’attribution – très contestée – de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie saoudite, et ne cache pas son “amitié” avec Donald Trump. En décembre 2025, il a remis au président américain le Prix de la paix de la Fifa, créé “quatre semaines après que Trump eut été écarté par le comité Nobel”, rappelle The Washington Post.