En réaction à l’inculpation de Raúl Castro par un tribunal de Miami, mercredi 20 mai, le mot d’ordre semble avoir été donné à la presse officielle cubaine d’encenser la figure de l’ancien président cubain. Sur leurs sites Internet, tous reprennent le communiqué virulent diffusé par le gouvernement de Miguel Díaz-Canel qui dénonce une accusation “canaille” contre le “leader de la révolution cubaine”, “un acte méprisable” et une “infâme provocation politique”.
À 94 ans, Raúl Castro, qui conserve encore un grand pouvoir sur l’île, est accusé d’avoir ordonné d’abattre deux avions civils de l’organisation anticastriste “Les Frères à la rescousse”, provoquant la mort des quatre personnes à bord, en 1996, alors qu’il était ministre de la Défense. Cependant, “la hauteur éthique et le sens humaniste de son œuvre balayent toute infamie à l’encontre du général d’armée”, ajoute le journal officiel du Parti communiste cubain Granma. Selon le titre, la décision d’abattre les appareils a été prise “afin de protéger l’espace aérien cubain” et “la souveraineté nationale”.
Legs révolutionnaire
Raúl Castro est dans le viseur de la justice des États-Unis, comme le fut l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro avant d’être capturé en janvier. Et la première réponse du régime est une défense de son legs révolutionnaire. Celle d’un “chef de guérilla et homme d’État” qui a su gagner “l’amour de son peuple” et le “respect des dirigeants de la région et du monde entier”, d’un “exemple de forteresse morale”, a commenté le président Miguel Díaz-Canel sur X, qualifiant l’accusation de “tentative ridicule de déprécier sa stature de héros”.
“Dans un nouveau chapitre désespéré de sa guerre contre Cuba, le ministère de la Justice américain a lancé une accusation aussi infamante que frauduleuse”, affirme le quotidien “officialiste” de Ciego de Avila (centre) Invasor, pour qui celle-ci est “un acte de propagande judiciaire [et] une nouvelle tentative visant à criminaliser la dignité d’un peuple qui a résisté à plus de six décennies d’agressions”.
Le journal local de Sancti Spíritus (centre) Escambray rend quant à lui hommage à toutes les visites de Raúl Castro dans la ville.
Le média bolivarien Cuba Debate parle enfin d’une “manœuvre politique dépourvue de fondement juridique visant à justifier une éventuelle agression militaire contre l’île”.
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