Le retour de Trump à la tête des États-Unis ne laisse évidemment personne indifférent, encore moins les Américains installés à l’étranger, qui souffrent souvent de l’image de leur pays, et les étrangers installés outre-Atlantique dans une société de plus en plus polarisée. Sur le site de Slate, une Américaine expatriée à Amsterdam raconte justement sa gêne d’être américaine sous Trump, mais confie regretter la spontanéité, l’enthousiasme et la chaleur de ses compatriotes. Elle décrit des rencontres réconfortantes avec d’autres expatriés américains partageant ses opinions politiques. “Bien sûr, certains Américains que je rencontre ici appartiennent à une catégorie spécifique du pays, et beaucoup sont partis car ils partagent mon avis sur la situation actuelle. Je plaisante parfois en disant que nous sommes des transfuges”, souligne-t-elle. Si les étrangers raillent souvent l’enthousiasme débordant, qui sonne souvent faux, des Américains, elle y voit plutôt une façon d’exprimer de la joie. Finalement, l’expatriation l’a “amenée à méditer sur [son] amour pour [son] pays, ou plutôt, à réaliser combien [elle] apprécie [ses] compatriotes”.

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De nombreux Européens font le chemin inverse et partent s’installer, pour plus ou moins longtemps, aux États-Unis. Là aussi, la situation politique colore leurs interactions sur place. Ainsi, dans Die Zeit, trois lycéens allemands racontent leur année d’échange scolaire (en 2025-2026). Stella a vécu dans une famille pro-Trump dans le Missouri. La famille parlait rarement de politique, mais des drapeaux américains flottaient partout dans la maison. Stella se souvient qu’“après l’assassinat de [l’influenceur conservateur] Charlie Kirk, la réaction de la famille fut particulièrement extrême : ‘Nous ne soutiendrons jamais rien d’autre que le mouvement Maga [Make America Great Again] !’”. Au lycée, elle s’intègre à merveille, malgré les plaisanteries de mauvais goût sur les nazis. “Le fait que la démocratie américaine elle-même dérive actuellement dans une direction dangereuse – ça n’a jamais effleuré l’esprit de personne là-bas”, ironise la jeune fille, qui dit tout de même avoir réalisé un “rêve”.

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Céline parle aussi de cette année d’échange scolaire comme d’un rêve… Un rêve qui a failli ne pas se réaliser, car née en Iran, elle a failli ne pas obtenir de visa. Elle s’est finalement retrouvée dans une famille démocrate installée dans le Delaware, mais la mère de sa famille d’accueil lui a recommandé de rester prudente avec les voisins trumpistes parce que l’‘“on ne sait jamais qui cache une arme sous sa veste’”.

Dans le Michigan, Camillo a découvert des Républicains discrets, critiques envers l’annexion du Groenland. Il raconte : “À Grand Rapids, une ville de 200 000 habitants, je n’ai absolument pas eu l’impression que les États-Unis étaient un pays turbulent et divisé. J’avais même le sentiment que les Américains étaient unis.”

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