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Retour de l’acétamipride : « Le vote des sénatrices et sénateurs constituera un véritable test pour nos institutions démocratiques »

Les représentants des principales associations de patients et des sociétés savantes médicales et scientifiques rappellent, dans une tribune au « Monde », l’état de la science sur la toxicité de l’acétamipride et du flupyradifurone, alors que le Sénat débat de la possible réintroducti

Retour de l’acétamipride : « Le vote des sénatrices et sénateurs constituera un véritable test pour nos institutions démocratiques »
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Un an après la mobilisation de plus de 2 millions de citoyens signataires d’une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, un amendement visant à réautoriser l’acétamipride et la flupyradifurone a été adopté lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission sénatoriale. Il sera examiné à partir de lundi 29 juin au Palais du Luxembourg dans le cadre des débats sur ce projet de loi.

Le vote des sénatrices et sénateurs constituera un véritable test pour nos institutions démocratiques : sont-elles capables de prendre en compte les connaissances scientifiques pour décider des lois qui traitent d’un bien commun, la santé environnementale ?

Dans ce contexte, il importe de revenir aux faits. L’acétamipride et le flupyradifurone ciblent les mécanismes de transmission de l’information entre les cellules nerveuses. Ils sont utilisés pour leur action insecticide, notamment pour la culture de la betterave sucrière, des noisettes, des cerises, etc.

Le problème de ces molécules, c’est que leur mécanisme de toxicité n’est en rien spécifique aux insectes ciblés. Leurs effets sur les abeilles et autres pollinisateurs sont avérés et, en cascade, c’est toute la biodiversité terrestre et aquatique qui est gravement atteinte. Des travaux ont même mis en évidence une amélioration significative de certains indicateurs de biodiversité après la réduction de l’usage de ces substances.

Le problème de l’acétamipride, c’est aussi sa diffusion dans l’environnement, et notamment son incorporation au cycle de l’eau : on en retrouve même dans l’eau de pluie. Cette diffusion environnementale se traduit également par une exposition humaine : on retrouve l’acétamipride ou ses métabolites dans le sang, les urines, le sperme. On retrouve aussi dans le liquide céphalorachidien d’enfants cette molécule conçue pour agir sur les mécanismes biologiques de la transmission de l’information entre les neurones.

Quels sont les effets pour la santé humaine ? Les données disponibles pointent en premier lieu des effets sur le développement du cerveau. L’exposition maternelle à l’acétamipride est associée à un périmètre crânien diminué à la naissance, et à des troubles du comportement (hyperactivité) chez l’enfant de 3 à 6 ans. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a constaté que « la plausibilité biologique de la neurotoxicité développementale est élevée » et attend toujours de plus amples études sur le neurodéveloppement qu’elle a demandées en 2014.

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