Le parti anti-immigration britannique Reform UK est au cœur, vendredi 10 juillet, d’une nouvelle affaire de dons non déclarés, un problème de plus pour son dirigeant, Nigel Farage, qui remettra son siège de député en jeu le 13 août, à la suite de sa démission.
Selon le Times, la police de Londres enquête sur des dons d’un total de 500 000 livres versés par Fiona Cottrell, une riche aristocrate, à Reform UK avant les élections législatives de juillet 2024, lors desquelles Nigel Farage a été élu député pour la première fois. Interrogé, un porte-parole de la police a déclaré qu’une enquête avait été ouverte en février 2025 après un signalement de la commission électorale « concernant des dons faits à un parti politique » avant les législatives – sans donner toutefois donner de nom, comme à son habitude.
Nigel Farage, figure de proue du Brexit, est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, peinant à expliquer pourquoi il n’a pas déclaré d’importantes sommes données par de riches soutiens peu avant son élection dans la circonscription de Clacton-on-Sea (Essex). Sous pression, il a démissionné mardi de son siège de député, entraînant l’organisation d’une élection partielle à laquelle il a annoncé être candidat pour que les électeurs soient « juges de [ses] actions ».
Enquête du gendarme chargé de l’éthique des parlementaires
La date a été fixée au 13 août, ont annoncé vendredi les autorités locales. Le dépôt des candidatures aura lieu du 14 au 17 juillet. Les travaillistes, les conservateurs, les Verts, les libéraux-démocrates et la formation d’extrême droite Restore Britain ont annoncé qu’ils ne présenteraient pas de candidat, boycottant le scrutin. Le seul à s’être pour l’instant positionné face à Nigel Farage est le « Count Binface », candidat fantaisiste avec une tête de poubelle, qui s’est déjà présenté à plusieurs élections locales face à Boris Johnson ou Andy Burnham, probable successeur du premier ministre démissionnaire, Keir Starmer.
Le chef de Reform UK est sous le coup d’une enquête du gendarme chargé de l’éthique des parlementaires concernant un don de 5 millions de livres (5,7 millions d’euros) fait par Christopher Harborne, un milliardaire installé en Thaïlande, et qui a bâti sa fortune grâce aux cryptomonnaies, quelques mois avant sa candidature aux législatives. L’enquête a été automatiquement suspendue après la démission de M. Farage, et devrait reprendre s’il est réélu député.
Selon le Guardian, ce don a fait l’objet d’un signalement auprès de l’agence britannique de lutte contre la criminalité par des banques, inquiètes qu’il puisse s’agir de blanchiment d’argent. Nigel Farage aurait également reçu, selon le Times, un don non déclaré de George Cottrell, entrepreneur en cryptomonnaies, condamné pour fraude aux Etats-Unis en 2017.