« Non, les Vénézuéliens ne dansent pas dans la rue. » Le message qui, en lettres blanches sur fond noir, circule sur les réseaux sociaux, est une réponse à Donald Trump. Au lendemain du double séisme qui a frappé Caracas, le 24 juin, et dévasté le port voisin de La Guaira (nord-ouest), le président des Etats-Unis se félicitait de la politique américaine au Venezuela depuis l’enlèvement, le 3 janvier, du président Nicolas Maduro. « Au-delà du drame qui a eu lieu hier, ce grand tremblement de terre qui a détruit des immeubles, le Venezuela est à nouveau heureux. Les gens sont heureux, ils dansent dans les rues », déclarait M. Trump.
Mais comment les Américains, qui ont mis le Venezuela et ses immenses réserves pétrolières sous tutelle, vont-ils gérer les conséquences du tremblement de terre ? « La reconstruction n’est pas une affaire de quelques semaines ni de quelque mois. Il est permis de penser que les Américains hésiteront à s’engager sur le long terme », note le politiste Ronal Rodriguez, chercheur à l’Université du Rosaire, à Bogota.
Il s’étonne de voir Washington maintenir son soutien sans faille à la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, alors que, dans la poussière et l’odeur des corps en décomposition à La Guaira, la colère monte contre le pouvoir en place à Caracas. Les survivants, les familles des victimes et les Vénézuéliens dans leur ensemble s’indignent de l’inefficacité des autorités.
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