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Seul(e) dans Alger : comment les opposants du « système » luttent pour préserver l’esprit du Hirak

« Face à un pouvoir répressif » (3/3). Six ans après la fin du grand mouvement prodémocratie qui a ébranlé le pays, le harcèlement judiciaire est toujours à l’œuvre contre ceux qui continuent à promouvoir la liberté d’expression.

Seul(e) dans Alger : comment les opposants du « système » luttent pour préserver l’esprit du Hirak
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Seul(e) dans Alger : comment les opposants du « système » luttent pour préserver l’esprit du Hirak

Par Ahmed Rekbi
Publié aujourd’hui à 20h00

Temps de Lecture 14 min.

En 1940, Otto et Elise Hampel, résidant à Berlin, distribuaient furtivement des cartes postales dans les boîtes aux lettres. « Que sommes-nous devenus ? Un troupeau de moutons ! », écrivaient-ils au dos. Arrivé au pouvoir depuis sept ans, Hitler avait déjà dépecé les institutions démocratiques, supprimé les libertés civiles, réprimé toute opposition. Pendant deux ans, jusqu’à leur arrestation en 1942, le couple berlinois, condamné à mort et exécuté, a écrit 285 cartes, une tâche dérisoire, pour contester le régime impitoyable auquel ils faisaient face. Leur histoire inspirera à l’écrivain allemand Hans Fallada Seul dans Berlin, un récit paru en 1947 à partir des archives de la Gestapo, et considéré par Primo Levi comme l’« un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ».

Cette résistance, si ténue soit-elle, reste d’actualité dans les autocraties, quelle que soit leur nature, qui ne souffrent aucune contestation. Comment vit-on dans son propre pays avec le sentiment d’être seul(e) au milieu des siens ?

Troisième épisode : Alger

Malika Abdelaziz Ziri n’oublie jamais le rendez-vous. Chaque vendredi, cette ancienne journaliste publie sur son compte Facebook une photo prise le jour même de son petit balcon, au centre d’Alger, sur lequel flotte un drapeau. La rue est vide. Mais le décompte affiché au-dessus de l’image, « 364e… 365e… 366e… 367e… », rappelle le nombre de jours qui séparent l’instant du dernier vendredi lors duquel, comme chaque semaine, des milliers d’Algériens défilaient sous sa fenêtre pour réclamer plus de liberté. Le 20 mars 2020, le Hirak, le grand mouvement prodémocratie, qui a secoué l’Algérie pendant un an, s’est éteint, victime du Covid-19. Non sans résistance.

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