Avec ses paisibles canaux caractéristiques de cette région de l’est de la Chine, ses ruelles pavées et ses vieilles échoppes, la petite commune est pleine de charme. Ses maisons typiques, aux toits de tuiles ornés de statuettes d’animaux et aux murs blanchis à la chaux teintés de gris par l’humidité, en font un décor de carte postale. Fengqiao, le village du « pont des érables », tient son nom du pont de pierres qui enjambe une rivière bordée de ces arbres à l’époque où il a été construit une première fois, sous la dynastie Sui (VI-VIIe siècles).
Ce n’est pourtant pas ce tableau pittoresque qui attire ici un type très spécifique de visiteurs : des cadres parmi les 100 millions de membres que compte le Parti communiste chinois (PCC). Ce sont des événements politiques, d’ailleurs assez peu clairs pour qui cherche à en discerner la réalité, qui ont popularisé dans toute la Chine le nom du village de Fengqiao. Ils remontent au début des années 1960. A cette époque, Mao Zedong est isolé au sein du Parti à la suite de la terrible famine qu’a causée sa politique industrielle, le Grand Bond en avant (1958-1961), qui a laissé une société chinoise abattue. Au lendemain de cet échec, des dirigeants plus pragmatiques reprennent la main et actent un recul du projet communiste total, autorisant par exemple aux paysans de vendre une partie de leur récolte pour réanimer l’économie.
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