Trois mois après le début, fin février, de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Taïwan n’a pas éteint les lumières. A Taipei, il n’y a pas le moindre indice d’inquiétude ou de mesures spéciales. Les prix de l’essence ont à peine augmenté. Les méga-usines de semi-conducteurs, dont le monde entier dépend, continuent de produire à plein régime. Taïwan tourne comme si de rien n’était. Pourtant, en coulisses, la crise dans le détroit d’Ormuz a mis au jour l’immense vulnérabilité énergétique de l’île et pourrait justifier la relance de la filière nucléaire, contrairement aux engagements antinucléaires historiques du Parti démocrate progressiste (DPP), au pouvoir depuis 2016.
Dans les bureaux aux murs couverts d’inscriptions militantes du réseau associatif Taiwan Climate Action Network (TCAN), en cette fin avril, les fenêtres entrouvertes laissent passer le bruit du trafic du sud de Taipei, cinq étages plus bas. L’air chaud et humide du printemps est brassé par des ventilateurs. Est-ce par souci d’économie d’énergie ? Oui et non… Le directeur de recherches, Chia-Wei Chao, n’est pas de ceux qui croient aux simulations alarmistes des think tanks américains, selon lesquels Taïwan n’aurait que de faibles réserves de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le blocus du détroit d’Ormuz.
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