C’est une déclaration qui “injecte encore davantage d’incertitude dans un contexte diplomatique déjà fragile”, résume The New York Times.
Réagissant aux frappes américaines nocturnes qui ont touché le sud de l’Iran, Téhéran a accusé mardi 26 mai les États-Unis d’avoir “commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu”. “La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse”, a menacé le ministère des Affaires étrangères iranien.
Dans le même temps, plusieurs groupes de surveillance du trafic internet en Iran ont remarqué dans la journée que l’accès au réseau avait été partiellement rétabli après une coupure quasi-totale de près de trois mois en raison de la guerre au Moyen-Orient, rapporte CNN.
“Les négociations ne se sont pas effondrées”
“Les conséquences” des frappes américaines “sur la suite des négociations restent incertaines”, souligne The New Arab.
L’armée iranienne n’a “annoncé aucune mesure de représailles spécifique ce qui laisse entendre qu’elle ne souhaite pas que cette attaque – qui a coûté la vie à quatre soldats iraniens – perturbe les derniers pas délicats vers un accord qu’elle entend présenter comme l’un des grands jalons de l’histoire de la résistance iranienne”, analyse The Guardian.
“Malgré [les] frappes [américaines], les négociations elles-mêmes ne se sont pas effondrées”, note, lui aussi, L’Orient - Le Jour. “Cette contradiction devient progressivement la caractéristique centrale de la phase actuelle : les deux parties semblent convaincues qu’elles peuvent continuer à exercer une pression militaire et économique tout en poursuivant le dialogue diplomatique”.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a notamment déclaré qu’un accord pourrait être finalisé sous “quelques jours”, tout en soulignant la nécessité que le détroit d’Ormuz, bloqué de facto par l’Iran depuis le début du conflit, soit rouvert “d’une manière ou d’une autre”.
“Signe que Donald Trump estime que le conflit est entré dans une phase décisive”, le président américain devait réunir mardi “un conseil des ministres exceptionnel à Camp David, résidence présidentielle dans le Maryland. Mais il a [finalement] annoncé sur Truth Social que la réunion était reportée en raison du mauvais temps”, rapporte The Guardian. Elle devrait avoir lieu à la Maison-Blanche, précise The Hill.
Escalade au Liban
Le week-end dernier, trois responsables iraniens avaient confié au New York Times, que tout accord conclu avec les États-Unis devait aussi mettre fin aux combats au Liban, même si un cessez-le-feu y est entré en vigueur le mois dernier.
Or, mardi, l’armée israélienne a intensifié ses opérations contre son voisin du nord. Tsahal a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban, où elle a appelé à l’évacuation d’une quarantaine de villages, malgré le cessez-le-feu. Selon un communiqué du ministère libanais de la Santé, 31 personnes, dont au moins quatre enfants et trois femmes, ont été tuées lors de ces attaques et 40 autres ont été blessées. 14 personnes ont été tuées à Burj Al-Shamali, près de Tyr, a notamment précisé le ministère.
Outre les frappes aériennes, Israël a par ailleurs annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la “ligne jaune” qu’elle a établie dans le sud du Liban à une dizaine de km de la frontière, rapporte le Jerusalem Post.
Cette décision intervient “alors que le monde s’attend à ce que l’administration Trump parvienne prochainement à un cessez-le-feu avec l’Iran, ce qui imposerait probablement un cessez-le-feu plus contraignant aux Forces de défense israéliennes face au Hezbollah”, note le quotidien israélien.
“Cette escalade soudaine permet de signifier que l’État hébreu ne compte pas accepter un arrêt des hostilités sur le front libanais, comme le réclame l’Iran pour conclure un accord avec les États-Unis”, analyse L’Orient - Le Jour. Pour le quotidien libanais, Benyamin Nétanyahou “pourrait chercher à compliquer la conclusion de l’accord Iran-US, puisqu’il semble être le grand perdant de la formule actuelle. À l’approche des législatives, ses principaux rivaux ne se privent pas d’exploiter la position de faiblesse dans laquelle il se trouve”.
“Cocotte” : le film qui voit le monde par les yeux d’une poule a un petit grain
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !