C’est une “attaque qui menace de faire voler en éclats la fragile” accalmie observée ces derniers jours au Moyen-Orient, note le site d’information Axios.
L’armée américaine a annoncé mardi 28 juillet avoir intercepté des missiles iraniens lancés contre ses bases au Moyen-Orient, quelques heures après une rencontre à Washington entre Donald Trump et Benyamin Nétanyahou à l’issue de laquelle les deux parties ont réaffirmé leur volonté de faire front commun contre l’Iran.
Un responsable américain a précisé au Wall Street Journal que l’Iran avait lancé cette attaque surprise contre les forces américaines en Jordanie. “Tous les missiles iraniens ont été interceptés avec succès”, a précisé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
Pour le quotidien conservateur américain, “cette attaque marque un changement de stratégie de la part de l’Iran, qui, jusqu’à présent, avait généralement frappé les forces américaines en représailles aux frappes aériennes menées par les États-Unis sur son territoire”. “Avec cette attaque de missiles non provoquée, l’Iran a montré qu’il était prêt à porter le combat directement contre les États-Unis, selon ses propres conditions, afin de tenter de contraindre Trump à agir”, analyse The Wall Street Journal.
“L’entrée directe de Riyad dans le conflit”
Peu de temps après l’attaque iranienne en Jordanie, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé avoir mené, dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes en Irak contre des “terroristes” soutenus par l’Iran, rapporte The Washington Post. “Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak”, a écrit le Centcom. Le ministère de la Défense saoudien a confirmé ces frappes dans la foulée, affirmant avoir ciblé “des milices terroristes loyales à l’Iran” liées à de récentes frappes contre ses installations pétrolières.
Selon les Hachd al-Chaabi (PMF), une ex-coalition de paramilitaires intégrée à l’armée irakienne, l’attaque américano-saoudienne en Irak aurait fait plusieurs morts et blessés.
La participation de l’Arabie saoudite aux frappes “semble marquer l’entrée directe de Riyad dans le conflit opposant Washington à Téhéran”, observe le Post. Elle pourrait annoncer une implication encore plus importante du royaume à l’avenir, analyse l’expert américain Mark Cancian, interrogé par le quotidien. “Les Saoudiens ont perdu patience et franchi un cap qu’ils avaient jusqu’ici toujours hésité à franchir : attaquer directement d’autres organisations arabes”, a-t-il expliqué. La participation de Riyad “pourrait aussi indiquer que l’Arabie saoudite serait prête à autoriser les États-Unis à utiliser des bases situées sur son territoire, que ce soit pour mener des frappes directement contre l’Iran ou pour conduire des opérations dans le détroit d’Ormuz.”
“Une importante escalade”
Pour Alan Fisher, correspondant d’Al-Jazeera à Washington, il est en tout cas “clair” que les attaques de mardi et mercredi constituent “une importante escalade de la part de l’Iran comme des États-Unis”. Le journaliste rappelle que “les deux pays avaient observé une période d’accalmie d’environ cinq jours, afin de permettre le lancement de pourparlers de paix”. Donald Trump “avait déclaré que ces discussions étaient ’très positives’, tout en avertissant qu’il n’attendrait pas indéfiniment les Iraniens et que, s’ils ne parvenaient pas à un accord ou s’il estimait que les négociations n’étaient pas sérieuses, une riposte militaire importante aurait lieu”, note-t-il.
Interrogés par le Wall Street Journal, deux hauts responsables américains ont de leur côté estimé mardi soir que l’attaque surprise de l’Iran était le signe que “les Gardiens de la révolution iraniens cherchaient activement à faire échouer les négociations visant à rétablir le cessez-le-feu et à rouvrir le détroit d’Ormuz”.
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