Centraliser les informations liées au renseignement, renforcer de manière générale les compétences de l’État en la matière, et, ce faisant, contribuer à la sécurité du pays. Tel est l’objectif affiché par la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, qui promeut une loi donnant naissance au Kokka joho kaigi ou “Conseil national du renseignement”. Le texte a été officiellement adopté le 27 mai par la Diète, le Parlement japonais, rapporte le quotidien Mainichi Shimbun.

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Soucieuse de renforcer la sécurité de l’archipel, la Première ministre porte des réformes fondamentales en la matière depuis sa prise de fonctions, en octobre dernier. Quitte à “diviser le Japon en deux”, comme elle l’a affirmé en janvier.

La fondation du Conseil national du renseignement est le premier volet de cette série de mesures qui comprend un projet de loi anti-espionnage et la création d’une agence du renseignement extérieur, précise le Mainichi Shimbun. La structure sera présidée par le chef du gouvernement et composée des ministres concernés. Son bureau verra le jour dès le mois de juillet, ajoute le journal Nihon Keizai Shimbun.

La Chine réagit aussitôt

Jusqu’à présent, l’archipel ne disposait d’aucun service de renseignements spécialisé à proprement parler. Des structures distinctes – police, ministères des Affaires étrangères et de la Justice – s’en chargeaient.

La création du nouveau système traduit la “sévérité” de la situation géopolitique du pays, confronté simultanément à la Chine, à la Russie et à la Corée du Nord, souligne le Nihon Keizai Shimbun. Pékin n’a par ailleurs pas manqué de réagir à l’annonce du vote : “Dans l’histoire, l’agence du renseignement japonais a travaillé pour promouvoir le militarisme et préparer les invasions d’autres pays […]. Les autorités nippones devraient en tirer les leçons et agir avec prudence”, met en garde Mao Ning, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, citée par l’agence officielle Xinhua Wang.

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L’initiative du gouvernement Takaichi préoccupe également la gauche japonaise, qui redoute de voir cette nouvelle structure violer la vie privée des Japonais, souligne la chaîne de télévision TBS en parlant d’une “CIA version nippone”.

Rappelant que les partis d’opposition avaient réclamé, en vain, des dispositifs qui permettraient d’empêcher des abus du nouveau système, le quotidien Asahi Shimbun tire la sonnette d’alarme dans son éditorial du 27 mai : “Le gouvernement devrait s’en servir dans le respect strict [de la vie privée des Japonais] et dissiper les inquiétudes.”