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Totalitarisme despotique, totalitarisme géopolitique et financier

Par Camille Loty Malebranche À l’heure où comme une injonction de la nouvelle mode moralisatrice de l’histoire propre à la crise contemporaine de civilisation qui affecte l’occident, il est devenu loi que partout l’on invoque idéologiquement le passé selon les actuels besoins de la mora

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9 juin 2026
Totalitarisme despotique, totalitarisme géopolitique et financier
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Totalitarisme despotique, totalitarisme géopolitique et financier

  • by Rezo Nodwes
  • 9 juin 2026
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À l’heure où comme une injonction de la nouvelle mode moralisatrice de l’histoire propre à la crise contemporaine de civilisation qui affecte l’occident, il est devenu loi que partout l’on invoque idéologiquement le passé selon les actuels besoins de la morale sélective de propagande, il m’est venu l’idée, face à ce flot d’ovations des uns désignés quasi saints et de fustigation des autres dénoncés comme mauvais tritons, de me pencher succinctement sur le profil des fustigés généralement dictateurs despotiques qu’on nous présente, pour préciser cette nuance fondamentale, à savoir qu’il existe deux types de totalitaristes à l’échelle des despotes: les étatistes et les nihilistes. Il est un troisième totalitarisme qui est politico-économique et qui concerne la géopolitque et la finance.

Le despote étatiste est le totalitariste qui oublie l’homme et se focalise sur l’État à rendre le plus puissant possible quel qu’en soit le coût humain. L’étatiste est effroyable car il sacrifie quiconque se dresse sur sa route où il entend fonder le système étatique puissant qu’il conçoit.

Par delà les discours hyperémotifs sur Staline, disons que ce fut un monstre, un criminel contre l’humanité qui a sacrifié beaucoup de ses gouvernés mais a conçu et construit dans le même temps une nouvelle puissance mondiale, un ordre du monde nouveau que son action a dichotomisé au grand dam des empires occidentaux capitalistes. Industrialisant le pays en quelques années tout en fondant la Russie moderne dans le contexte soviétique, un contexte qui a vu Staline édifier la grande Union Soviétique que malheureusement ses successeurs ont mal orienté, mal géré. Une puissance qui, même effondrée a gardé tout le canevas militaire et industriel pour renaître autrement avec Poutine. Séparer le monde en deux blocs, faire de la Russie une puissance alternative face à l’empire étasunien, voilà, la raison inavouée des acrimonies antistaliniennes occidentales, quand on sait que l’occident a favorisé les pires déchets de la tyrannie partout, notamment en Amérique latine. La force russe qui, même aujourd’hui, permet à la Russie de se dresser tête de pôle essentiel face aux Usa dans la géopolitique mondiale, est la crise urticaire permanente d’un occident qui se veut seul maître de l’écoumène. Sans la forte militarisation et industrialisation stalinienne, il n’y aurait jamais eu ni Union soviétique, ni Russie moderne tellement militairement solide que Poutine réhabilite en force mondiale redoutable dans le contexte actuel. Cette puissante Russie, seule à même de faire le poids face aux Usa, vient de Staline que j’appelle le grand étatiste sans perdre de vue qu’il fut un monstre criminel comme l’histoire en général et de l’occident colonial en particulier, en compte tellement. Il faut donc éviter de laver inconsidérément et sans nuance cet englobant qu’est l’histoire…

Nous devons apprendre à visionner l’histoire froidement dans toutes ses nuances avec ses horreurs et ses conséquences qui peuvent être pour certains, des acquis. Et, si en dehors du stalinisme nous regardons l’histoire des ex empires coloniaux – la France et l’Angleterre ex colonialistes, par exemple – nous sommes forcés de constater que c’est l’argent des colonies et la prédation massive de l’époque coloniale sur fond de génocides de traites d’humains, d’esclavagisme et de sauvageries inqualifiables, qui font que la France ou l’Angleterre constituent aujourd’hui des puissances mondiales. Et, en passant, si nous considérons Hitler, le pire de tous les massacreurs compulsifs de l’histoire, nul ne peut dire qu’il a totalement échoué à faire de l’Allemagne la première puissance d’Europe, fut-ce par une sorte d’ironie des choses, de ricochet historique, de victoire à rebours! Je parle de la sorte en analysant la place infligée, assignée à l’Allemagne par le traité de Versailles, lequel sans un Hitler pour le briser, aurait réduit pérennement la terre de Goethe et de Hegel en pays de seconde zone. Hitler, malheureusement sanguinaire sans mesure, irascible et génocidaire, aura quand même créé une ambiance quoique macabrement apocalyptique, qui a finalement réimposé l’Allemagne, laquelle, même broyée à la défaite de 1945, est devenue malgré failles et erreurs le phare de l’Europe, qu’elle demeure aujourd’hui encore!

Quant à Staline, il est, en dépit de ses purges absolument dédaignables, le terrifiant archétype de l’étatisme russe. Exterminateur tyrannique, soit, mais aussi parangon politique incontournable de l’étatiste qui réoriente l’histoire pour le pire des uns et le meilleur des autres, ayant marqué son pays par l’établissement d’un nouveau mode identitaire étatico-national qui rend celui-ci aujourd’hui encore – n’en déplaise aux russes qui voudraient nier cette part de leur histoire récente – imposant à l’intérieur et intraitable dans l’interétatique. Je le redis, sans Staline, il n’y aurait pas de Russie superpuissance militaire et force économique assez consistante pour avoir les moyens de sa politique. Je suis d’accord pour conspuer tous les totalitaristes sans créer d’hagiographies idéologiques et sans amalgamer l’histoire.

Le despote nihiliste de l’histoire est le dictateur dont le totalitarisme vise, au contraire du stalinisme, à détruire l’État pour des vues courtes strictement partisanes et personnelles.

Duvalier est la tronche immonde du totalitarisme nihiliste. L’État de délabrement de l’Haïti post-duvaliériste en est, malgré les péroraisons de certains ex macoutes écrivains, la plus éloquente preuve. Rendant l’État caduc pour établir son pouvoir, pour en faire un instrument de sa domination comme une grosse trique contre tous, Duvalier aura subverti toutes les institutions existantes, tout en créant une pléthore de nouvelles pseudo-institutions totalement fantômes vouées à vampiriser le budget de l’État pour servir son clan, enrichir sa nouvelle « élite » de macoutes, clique de voyous où l’on retrouvait au bas de l’échelle des miliciens ignares, pauvres et criminels de droit commun, et en haut, les organisateurs du régime grassement payés de chèques illégaux mais encaissés effectivement par les dignitaires du régime. Duvalier, le sinistre papa doc de son ignoble sobriquet paternaliste, fut le monstre rétrograde par définition, le fossoyeur politicard qui a enlevé à la politique son essence de dispensatrice de sens, faisant de toutes les institutions des formes de vampires de l’État au profit de son gang politique. Piller le pays, massacrer tout opposant, placer son successeur qui fut nul autre que son fils qui lui, s’entourera d’une horde de ministres arrogamment pillards, obsédés de s’enrichir pour devenir « bourgeois »! On ne construit pas un État avec seulement la haine et l’aigreur que l’on jugule sans cesse dans la violence sanglante sans vouloir rien faire pour la nation. François Duvalier, homme de grand pouvoir, tel qu’il n’en fut sans doute jamais dans l’histoire haïtienne, n’ayant pas su transcender sa haine de certains secteurs malsains d’une société haïtienne – faut-il le redire, viscéralement discriminatoire et inhumaine – a passé son temps à régler des comptes, expédiant les problèmes sociaux en fondant des poches de nouveaux riches mais négligeant de refonder autrement l’État haïtien sur des bases plus saines ou au moins, plus viables… De l’État, Duvalier aura gardé et renforcé uniquement l’aspect répressif diaboliquement moloch contre le peuple livré aux mains de factices élites abominables d’un pays resté passablement esclavagiste après l’indépendance par les clivages les plus inhumains et le traitement infâme infligé aux grandes majorités c’est-à-dire à presque tout le peuple.

La politique ne souffrant point d’être vidée de sens, le duvaliérisme aura de fait imprimé à Haïti, un univers d’absurde visible à travers cette plongée dans le gouffre abyssal, un abîme sans cesse foncé où le pays caribéen semble en perpétuel naufrage, où les masses, le peuple sont entraînés dans l’insignifiance d’un vivre ensemble désignifié par des misères de toutes sortes, le cours d’un tragique existentiel collectif qui paraît interminable…

Totalitarisme moderne, despotisme géopolitique et financier.

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