Deux caméras sont accrochées à l’avant et à l’arrière de la salle de cours de l’université : l’une filme les étudiants, l’autre le professeur. Si le déclenchement de l’appareil n’avait pas fait sursauter sa professeure de japonais, Wei*, actuellement en troisième année dans une université de Tianjin, ne se serait jamais doutée que la caméra l’observait depuis le haut du tableau noir. Pourtant, un autre professeur de japonais, plus âgé, qui aime discuter avec ses étudiants des dernières actualités de l’université, leur avait bien dit, à la fin du précédent semestre, que l’université allait commencer à mettre en place un système de vidéosurveillance assisté par IA pour contrôler ce qui se passe en cours, notamment fournir un “taux de têtes levées”, autrement dit des indications sur la proportion d’étudiants qui suivent attentivement.
Cette annonce avait déconcerté les étudiants, qui pensaient que l’université était encore un “havre de liberté”, explique Wei. Alors qu’elle considérait jusque-là les caméras comme des objets du décor, l’étudiante avait eu l’impression d’être renvoyée à ses années de lycée, dans la province du Hebei. Là-bas, les heures d’étude se déroulaient sous le regard d’un professeur qui les surveillait à l’aide de caméras. Quand il voyait que certains élèves ava
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