“Le président Trump renonce à son projet d’établir un fonds de 1,8 milliard de dollars pour indemniser des personnes qui disent avoir été injustement poursuivies par l’État fédéral”, a rapporté le 1er juin The New York Times, se fondant sur deux sources bien placées.
Ce fonds controversé, fruit d’un accord judiciaire négocié entre les avocats personnels de Donald Trump et l’État fédéral, qu’il préside, a suscité “une résistance inhabituelle de la part de membres de son propre parti”.
Il s’est aussi heurté, le 29 mai, à deux revers judiciaires. La juge fédérale Kathleen Williams, qui était chargée de l’affaire, l’a rouverte afin d’examiner si l’accord n’était pas frauduleux. Une autre magistrate, Leonie Brinkema, a gelé toutes les opérations du fonds au moins jusqu’au 12 juin, en attendant de se prononcer sur sa légalité. Le 1er juin, le ministère de la Justice a fait savoir qu’il se plierait à cette ordonnance judiciaire, ce qui pourrait signaler un recul définitif.
Au sein de l’exécutif, certains confient accueillir avec soulagement cette décision judiciaire qui “ouvre une porte de sortie” pour le président, résume le journal. Même si, “comme toujours avec Trump, il pourrait encore décider de revenir en arrière”.
Une clarification attendue
Le président avait attaqué en justice le fisc, lui reprochant la fuite de ses déclarations fiscales, avant de retirer sa plainte en échange de la création par le ministère de la Justice d’un fonds contre l’“instrumentalisation” de la justice doté de 1 776 millions de dollars (le chiffre renvoie à la date de la déclaration d’indépendance, le 4 juillet 1776).
Les républicains du Sénat “se sont publiquement révoltés contre ce fonds” qui pourrait bénéficier notamment à des émeutiers du 6 janvier 2021, rappelle le Los Angeles Times, “et ils ont fait dérailler la tenue d’un vote sur un texte destiné à financer la lutte contre l’immigration chère à Trump”. Les sénateurs républicains s’inquiétaient notamment des répercussions dans les urnes à quelques mois des élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre prochain, précise The Washington Post.
Certains élus républicains demandent à présent à la Maison-Blanche de s’exprimer plus clairement sur le possible abandon de ce fonds, qui aurait été confirmé en privé au sénateur Rick Scott, indique le journal de la capitale. Les sénateurs démocrates estiment quant à eux qu’il faut aller plus loin, ajoute le Los Angeles Times. “Ils soutiennent le vote d’une loi pour s’assurer qu’aucun président ne pourra jamais plus tenter de créer un tel fonds.”
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