Habituellement, les partis républicain et démocrate organisent des conventions nationales tous les quatre ans, avant les élections présidentielles. Cette année, Donald Trump a décidé de bouleverser le calendrier politique et d’organiser une grande convention républicaine à Dallas, les 9 et 10 septembre, alors que la campagne pour les élections de mi-mandat est déjà lancée. Si le Parti démocrate avait déjà “organisé une convention juste après les élections de mi-mandat de 1978, sous la présidence de Jimmy Carter”, rapporte The Guardian, il s’agit d’une grande première pour le Parti républicain.

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L’idée, selon le locataire de la Maison-Blanche, est “de susciter l’intérêt, l’enthousiasme et la cohésion au sein du parti”, autant d’ingrédients qui caractérisent habituellement les conventions nationales avant les présidentielles, souligne The Dallas Morning News. Son idée est également d’aider les candidats républicains à remporter les quelque “trente-cinq élections législatives déterminantes pour conserver la majorité au Congrès de Washington, dont celle de l’actuel procureur général du Texas, Ken Paxton, qui se présente cette année aux sénatoriales”, poursuit le quotidien local, qui consacre d’ailleurs une rubrique entière sur son site Internet à la convention républicaine qui se déroulera dans l’American Airlines Center, le stade de l’équipe de basket des Dallas Mavericks.

L’embarras des candidats républicains

Une chose est sûre, Donald Trump entend bien occuper la place centrale : il doit prononcer “un discours par jour” durant la convention, tandis que le vice-président J. D. Vance “a une seule allocution au programme”, souligne The Hill. D’un point de vue stratégique, Trump entend également profiter de cette convention pour “renforcer sa cote de popularité et son image publique, en plus de soutenir les candidats qui se présentent aux élections de mi-mandat”, analyse de son côté The New York Times.

De quoi provoquer un malaise chez de nombreux candidats républicains actuellement en campagne, qui tentent de prendre leurs distances avec les décisions impopulaires du président et se retrouvent intimement associés à son bilan.

Ces candidats “ne peuvent pas se permettre de snober Trump, car ils ont besoin de ses énormes réserves financières et de la forte mobilisation de sa base électorale pour remporter leurs campagnes”. Mais ils ne veulent pas non plus “que les élections de mi-mandat se transforment en un référendum sur le président, dont la cote de popularité est au plus bas”. De nombreux sondages montrent en effet que le taux d’approbation des politiques du locataire de la Maison-Blanche est en berne, y compris “auprès des électeurs conservateurs, qui ne sont plus que 41 % à défendre bec et ongles ses actions”, comme le soulignait récemment le quotidien USA Today.

Une affaire de gros sous

Last but not least, le Parti républicain compte bien à l’occasion de cette convention renflouer ses caisses, faire le plein de contributions sonnantes et trébuchantes voire engranger des millions, souligne de son côté The Wall Street Journal, chiffres astronomiques à l’appui.

Le Comité national républicain [l’organe central du parti] a en effet mis en avant, la semaine dernière, deux événements destinés à récolter un maximum de fonds. “Pour participer à une table ronde avec Donald Trump, prévue le 9 septembre, les participants devront ainsi débourser 250 000 dollars par personne” (soit environ 215 000 euros). Les donateurs pourront également “se faire prendre en photo avec le président pour 88 600 dollars” (76 000 euros). La participation à la table ronde aux côtés du vice-président J. D. Vance sera, elle, facturée à 75 000 dollars (64 000 euros), tandis que la photo à ses côtés coûtera 35 000 dollars [environ 30 000 euros].

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Moins cher, mais tout de même onéreux, le prix du ticket pour assister à la convention en tant que “délégué” fait polémique, rapporte de son côté le site Politico. L’événement tout entier a en effet été pensé comme une collecte de fonds géante destinée à soutenir les candidats conservateurs aux midterms et chaque antenne du Parti républicain est libre de fixer son prix.

Les républicains du comté de Denton, près de Dallas, proposent ainsi un ticket de délégué d’honneur à 20 000 dollars (17 000 euros) ; le parti républicain du Michigan offre de son côté “une formule couple à 10 000 dollars [8 600 euros] et une formule individuelle à 7 500 dollars [6 400 euros] pour être délégué honoraire”. Le Parti républicain de Californie, quant à lui, propose des tickets de “délégué VIP à 10 000 dollars” ou des tickets suppléant à 7 500 dollars. Comme le souligne  , la présidente des républicains du comté de Denton, dans les colonnes de Politico :

“Ce n’est pas une simple convention […]. Il s’agit de mobiliser nos troupes, de lever des fonds, et de permettre à nos candidats de franchir la ligne d’arrivée et de gagner en novembre prochain.”