“C’est durant ces jours de la première grande guerre, qui allait ébranler le pays durant des décennies, que Rose prit la décision de tourner le dos à sa vie de soldat”, annonce, en voix off, l’actrice allemande Marisa Growaldt, alors que défilent à l’écran les premières images du film, dans lequel Sandra Hüller tient le rôle-titre.
Très vite, un carton suit. Il annonce “le récit véridique” du parcours d’une “escroc” qui, “bien qu’elle soit née femme, prit l’apparence d’un homme et commit moult infamies sous un faux nom”. Les victimes ? “Tout un pays et ses gens.”
D’emblée, une bonne dose de suspense est évacuée. Le visage de Sandra Hüller (Toni Erdmann, Anatomie d’une chute) est de toute façon trop connu pour que le spectateur puisse douter qu’il se trouve devant une femme qui se fait passer pour un homme. Avec les informations fournies, il sait aussi que l’héroïne va être démasquée.
Plutôt qu’un suspense, le réalisateur autrichien Markus Schleinzer a préféré construire une ambiance. “La voix envoûtante de la narratrice accompagne l’ensemble du film de ses mots baroques et pittoresques [formulés dans une langue qui n’est pas l’allemand contemporain]. Associé à l’image en noir et blanc, ce parti pris artistique donne des allures de complainte cinématographique à l’ensemble”, anal
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