C’est la bérézina. Les résultats publiés mardi 8 septembre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans, dit PISA, révèlent un affaissement global du niveau, même dans les pays où il est relativement meilleur qu’ailleurs. Menée tous les trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette enquête mondiale évalue les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences dans 91 pays qui ont accepté de s’y prêter en 2025.
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Après des résultats déjà préoccupants en 2022, dans un contexte post-Covid, l’organisation tire la sonnette d’alarme face au “déclin continu” des résultats dans les pays développés au cours de la dernière décennie. Un effondrement qui touche même le Japon, la Corée et l’Estonie, les trois pays les plus performants parmi ceux membres de l’OCDE, souligne El País. Le rapport pointe l’utilisation généralisée des appareils numériques, la diminution de la curiosité et de la volonté de faire des efforts comme principales raisons de ce déclin.
Le quotidien, notant que les élèves espagnols “obtiennent le pire résultat” depuis la création du test en 2000, précise que “les élèves testés dans cette édition du PISA sont aussi des enfants de la grande crise financière de la fin des années 2000, qui, dans des pays comme l’Espagne, a entraîné une forte augmentation de la pauvreté et des coupes budgétaires drastiques dans l’éducation”.
L’Asie en tête
Au sommet, la hiérarchie ne bouge guère. En mathématiques, les quatre provinces chinoises évaluées trustent la première place, devant Singapour, Macao et Taïwan. En sciences, la Chine domine encore, tandis que Singapour s’impose en lecture, relève The Straits Times. Le quotidien singapourien ajoute que “la proportion d’élèves polyvalents – les meilleurs élèves qui réussissent aussi bien en lecture, en mathématiques et en sciences – est, à 15 %, la plus élevée parmi tous les systèmes éducatifs participants” au test PISA.
Les élèves sud-coréens “restent parmi les plus performants au monde en sciences et en mathématiques”, se félicite le Korea Herald, juste derrière les Japonais. En Europe, les Estoniens sont les plus performants, se classant sixième en sciences et huitième en mathématiques et en lecture, même si dans cette dernière discipline, le pays recule en valeur absolue, comme partout dans le monde. Quelque 83 % des élèves ont atteint au moins le niveau 2 de compétence en lecture, contre 69 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE. “Mais cette évolution inquiète les enseignants”, souligne le média en ligne estonien anglophone Estonian World.
Enfin, la Radio-Télévision Suisse (RTS) se réjouit que le pays figure dans le top 20 mondial – et même 10 en mathématiques –, faisant bien mieux que l’Allemagne et la France, mais constate elle aussi que “sur le long terme”, le niveau des élèves suisses en lecture et en mathématiques baisse.
Effondrement “historique” d’Israël
Aux États-Unis, le New York Times constate que les scores des jeunes Américains en lecture “ont fortement chuté depuis 2022 et sont proches de leur niveau le plus bas en 25 ans”, même si “leurs performances en sciences se sont maintenues” (légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE, et au-dessus de la France). Les experts attribuent ce déclin, au moins en partie, à l’essor des technologies : “les élèves sont facilement distraits et lisent moins par plaisir”, commente le Times.
Le journal new-yorkais y voit “le dernier signal d’alarme pour [notre] système éducatif” mais souligne aussi que “les défis auxquels est confronté le pays — notamment l’attrait des smartphones, des réseaux sociaux et de l’IA, ainsi que les répercussions persistantes de la pandémie — ne sont pas seulement des problèmes américains”.
Israël, de son côté, “chute à un niveau sans précédent”, se désole Ha’Aretz, se classant à égalité avec le Guatemala pour la deuxième plus forte baisse. En trois ans, les élèves israéliens ont perdu l’équivalent d’une année complète d’enseignement, selon les calculs de l’OCDE. Si bien que le ministère de l’Éducation a qualifié ces résultats d’“événement catastrophique d’une ampleur historique”, en attribuant les causes aux “guerres” qui ont perturbé l’apprentissage.
Le quotidien de centre gauche, lui, avance plutôt “la pénurie d’enseignants”, ainsi qu’une “répartition inégale du budget de l’éducation qui désavantage les élèves du système scolaire public laïc”, au profit des ultraorthodoxes.
Seulement cinq pays africains
L’Afrique, représentée par seulement cinq pays ayant accepté de participer, “ferme la marche” du classement, se lamente Afrimag. L’île Maurice est le seul pays africain à approcher la moitié supérieure du tableau, “avec des scores certes loin de la moyenne OCDE, mais qui la placent devant la Malaisie, le Brésil ou l’Arabie saoudite”, observe le magazine de l’économie panafricaine. “Pour un pays d’1,3 million d’habitants qui investit depuis des décennies dans la scolarisation universelle, le résultat conforte un modèle éducatif souvent cité en exemple dans l’océan Indien.”
Mais “le contraste est saisissant avec le reste du continent”, insiste le mensuel. Le Maroc, seul pays d’Afrique du Nord évalué, se contente de la 80e place en mathématiques, de la 83e en sciences et de la 87e en lecture. Le Kenya pointe à la 88e place en mathématiques et en lecture, la Zambie à la 89e en mathématiques, et le Rwanda, “pourtant régulièrement salué pour ses indicateurs de gouvernance”, est bon dernier.
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