“Imaginons que vous vouliez attraper un objet rangé en hauteur, malheureusement hors d’atteinte. Pas question de renoncer pour autant : il suffit d’aller chercher un tabouret, de le déplacer, et de s’en servir comme escabeau, écrit Olivia Maule dans la revue Science. Derrière ces quelques gestes se cachent des capacités remarquables : celle de rester concentré sur un objectif, d’identifier les outils nécessaires, et de mener un projet à terme. Le tout de manière instinctive. Eh bien ! il semblerait […] que les bourdons soient capables d’en faire autant.”

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Une étude publiée le 4 juin sur le site du magazine scientifique révèle en effet l’existence d’une capacité jusqu’ici insoupçonnée chez les bourdons : “celle de résoudre spontanément un problème.”

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont placé des bourdons dans des boîtes circulaires, en plexiglas, avec une bille de polystyrène. Au-dessus du dispositif était fixée une fleur bleue artificielle. “La fleur, installée trop haut, était inaccessible telle quelle, et la boîte était trop étroite pour permettre aux insectes de prendre leur envol”, précise la chaîne de télévision publique autrichienne Österreichischer Rundfunk (ORF). Et “les bourdons ne peuvent pas voler et aspirer [le nectar] simultanément”.

Des manœuvres “délibérées”

Après un court laps de temps, la majorité des bourdons ont compris comment procéder : “Faire rouler la bille sous la fleur, et s’en servir comme d’un escabeau”. Pour vérifier qu’il s’agissait d’une action délibérée et non d’un heureux hasard, des expériences de contrôle ont été menées.

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“Les bourdons ont été placés dans une boîte rectangulaire, divisée en plusieurs recoins par des parois opaques, dont l’une dissimulait une fleur, explique la revue Science. Chaque insecte pouvait, dans un premier temps, observer de quel côté se cachait la fleur. Mais une fois l’expérience lancée [et la bille déposée dans la boîte], ils ne pouvaient plus voir directement la fleur – et son saccharose – depuis l’endroit où se trouvait la bille.”

Pour obtenir sa récompense, le bourdon devait donc se souvenir du bon côté, retourner à la bille et la faire rouler au bon endroit, “sans aucun indice visuel”. Malgré cette difficulté, “la plupart des bourdons – 23 sur 30 – sont partis dans la bonne direction du premier coup”, indique Olivia Maule. Ces résultats suggèrent qu’il s’agissait “d’actions guidées par un objectif précis, plutôt que d’automatismes liés à des informations sensorielles”, rapporte l’étude.

Bumblebees spontaneously solve problems | Science News

Pour les chercheurs, cette découverte ne montre pas seulement l’étendue des capacités cognitives des bourdons : elle souligne la nécessité de rompre avec l’idée que “des capacités cognitives aussi avancées seraient l’apanage des vertébrés dotés d’un cerveau de grande taille”.