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Venezuela : le double séisme révèle la fragilité des logements sociaux, écroulés tels des châteaux de cartes

Après les tremblements de terre du 24 juin, qui ont fait s’effondrer des immeubles de la « Mision Vivienda » lancée par l’ancien président Hugo Chavez dans les années 2000, des milliers de sinistrés se retrouvent une nouvelle fois sans toit.

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Venezuela : le double séisme révèle la fragilité des logements sociaux, écroulés tels des châteaux de cartes

Par Anne Vigna (La Guaira, envoyée spéciale)
Publié aujourd’hui à 14h00, modifié à 14h45

Temps de Lecture 4 min.

Depuis le double séisme du 24 juin qui a ravagé l’Etat de La Guaira, à 30 kilomètres au nord de Caracas, les logements sociaux sont montrés du doigt pour s’être − pour certains − écroulés tels des châteaux de cartes. Ces ensembles immobiliers font partie de la Mision Vivienda (la « mission logement »), lancée par l’ex-président (1999-2013) Hugo Chavez au début des années 2000 pour donner un toit à des milliers de personnes ayant perdu leur logement à La Guaira, en 1999, lors de glissements de terrain et de coulées de boue.

A l’époque, le président Chavez s’était occupé personnellement des expropriations de terrains et avait noué des alliances internationales – avec la Chine, la Turquie, la Biélorussie, Cuba et l’Iran – pour industrialiser la construction et accélérer leur production. « Il y avait urgence à loger des milliers de personnes qui dormaient dans la rue alors qu’il n’y avait plus assez de places dans les refuges », se souvient le sismologue vénézuélien Alejandro Liñayo.

Sinistrée des inondations de 1999, Gabriele Figueroa a attendu jusqu’en 2015 pour bénéficier d’un appartement dans l’« Urbanisation Hugo Chavez » – 142 petits édifices de quatre étages construits par la Turquie. « Après trois ans en refuge et avec trois enfants, j’ai dû louer un deux-pièces en périphérie. C’était cher et précaire, avec un toit de tôle et des murs en bois. Alors quand on a eu un vrai appartement, c’était le bonheur. Il avait trois chambres, un salon, une cuisine, une buanderie », se rappelle cette commerçante informelle, qui vit à nouveau sous une tente en 2026.

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