Début juin, la journaliste, Morgane Le Cam, a rencontré, en Ituri, province située dans l’est du pays et épicentre de l’épidémie, un médecin congolais de l’ONG Alima, devenu depuis le premier cas d’Ebola diagnostiqué sur le sol français.
C’est depuis une chambre d’hôtel, où Morgane Le Cam observe une quarantaine préventive de vingt et un jours (la durée maximale d’incubation du virus Ebola), livre le récit d’une crise qui vient s’ajouter à trente ans de conflits armés dans l’est du pays. Elle nous raconte une réalité bien plus sombre que les bilans officiels, jugés « largement sous-évalués » par les humanitaires.
Les épidémiologistes estiment qu’un taux de suivi des cas contacts supérieur à 90 % est indispensable pour briser la chaîne de transmission. Or, si les autorités affichent un taux théorique de 70 %, la réalité textuelle des humanitaires dénonce un simple enregistrement sur papier, sans suivi effectif.