“J'en ai déjà parlé. La crise en Ukraine a commencé autrefois par des tentatives d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Pourtant, nous n'y étions pas opposés.”
Vladimir Poutine
Président de la fédération de Russie

L’Arménie n’a pas encore demandé à rejoindre l’Union européenne, mais, à Moscou, les aspirations européennes d’Erevan suffisent à raviver un avertissement lourd de menaces : celui du “scénario ukrainien”. À l’issue du sommet de l’Union économique eurasiatique à Astana, le 29 mai, Vladimir Poutine a de nouveau établi un parallèle entre l’Arménie et l’Ukraine, rapporte The Moscow Times, avant d’évoquer les avantages dont l’économie arménienne bénéficie grâce à son appartenance à cette union douanière dirigée par Moscou. Cette organisation, rappelle le service russophone du site de la BBC, permet au pays de profiter du commerce sans droits de douane, de facilités pour ses travailleurs migrants et de remises importantes sur le gaz russe, et la quitter lui ferait perdre au moins 14 % de son PIB en cas de hausse des prix de l’énergie, renchérit le quotidien économique Vedomosti.

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“Il ne faut pas pousser les choses à l’extrême ni suivre la voie de l’Ukraine”, déclarait déjà le président russe le 10 mai, rappelle Komsomolskaïa Pravda. “Tout cela a ensuite mené au coup d’État, aux événements en Crimée et au déclenchement des hostilités, martelait Poutine, cité par le tabloïd russe. C’est un sujet crucial !”

Deux jours plus tard, Alexandre Loukachenko a repris le même avertissement, dans des termes à peine voilés. “Les Arméniens doivent se montrer très prudents pour ne pas répéter ce qui s’est passé en Ukraine”, a conseillé au peuple arménien le président biélorusse, relayé par l’agence d’État biélorusse Belta. “Vous vous en souvenez. Les Arméniens sortent à peine d’une guerre, il ne faudrait pas qu’ils se retrouvent dans une situation critique à cause de cela.” Loukachenko affirme que “tout a commencé exactement de la même manière en Ukraine” et accuse les autorités d’Erevan d’instrumentaliser le sujet européen à des fins électorales.

Le prix de la rupture

Ainsi, à six jours du scrutin qui pourrait “déterminer le cap du pays pour des décennies”, comme le souligne la BBC, Moscou exige d’Erevan qu’il choisisse son camp entre la Russie et l’Occident.

Pourtant, à Erevan, Nikol Pachinian, le Premier ministre en exercice, cherche à éviter l’affrontement frontal. Cité par Armenpress, agence arménienne, il assure que son pays continue d’accorder “une grande importance” à ses relations avec la Russie, entrées selon lui dans une phrase de “transformation positive”. Il souligne en revanche qu’un référendum serait “illogique” tant que son pays n’a pas officiellement demandé à rejoindre l’UE, rapporte le site d’information arménien News.am.

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En sus de la référence à l’Ukraine, Moscou rappelle surtout le coût d’une telle rupture. Armenia Today, média arménien indépendant, recense ainsi des restrictions récentes visant des fleurs, des alcools, de l’eau minérale ou encore des fraises arméniennes. Le vice-Premier ministre russe, Alexeï Overtchouk, prévient qu’une adhésion à l’UE pourrait priver Erevan de ses avantages douaniers et faire flamber les prix du gaz et de l’électricité.