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Géopolitique

Vladimir Poutine ou la solitude de l’« Homo sovieticus »

Entre déni de réalité, désir de revanche et communication calibrée, le président russe tente de se poser en maître du jeu. Mais, après plus de quatre ans de guerre en Ukraine, ces vieilles ficelles héritées du passé soviétique montrent leurs limites, et l’homme fort du Kremlin est en p

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Vladimir Poutine ou la solitude de l’« Homo sovieticus »

Par Marie Jégo
Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 11 min.

Comme d’autres dictateurs avant lui, Vladimir Poutine dispose de ses propres journaux télévisés. Chaque soir, après l’édition de 20 heures, les équipes de la chaîne officielle Rossiya 1 restent sur leur lieu de travail et rééditent les sujets pour en livrer une version soigneusement expurgée de toute actualité susceptible de déplaire au président russe.

Ce système est décrit par Dmitri Skoroboutov, ancien rédacteur en chef du journal télévisé de la chaîne, réfugié en Europe depuis 2020, lors d’un entretien accordé, en juin, à « The Moscow Times », un média de l’opposition en exil. Inaugurée en 2011, au moment des grandes manifestations russes contre les fraudes électorales, cette pratique s’est renforcée depuis l’invasion de l’Ukraine, en 2022, au point que Vladimir Poutine serait désormais « totalement coupé de la réalité du front », selon Dmitri Skoroboutov.

Reclus dans cette bulle informationnelle, le président russe répète à l’envi que son armée progresse « chaque jour dans toutes les directions » en Ukraine. Le 4 juin, il s’est félicité de la conquête d’« environ 2 440 kilomètres carrés » – un chiffre manifestement déconnecté de la réalité. Les forces russes ont perdu du terrain en mai, pour le deuxième mois de suite, d’après les analyses de l’Institute for the Study of War, un groupe de réflexion américain. Même les zélateurs du régime reconnaissent qu’il est peu probable que Moscou parvienne à percer les lignes. « Une guerre d’usure indéfinie n’est pas dans l’intérêt de la Russie », notait Dmitri Trénine, ancien colonel des services de renseignement de l’armée soviétique devenu politologue, dans un article publié, le 28 mai, sur le site de Russia Today (RT).

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