Poutine est dans l’impasse : voilà un sujet qui revient souvent, ces derniers temps, dans les conversations et les articles d’analyse. L’impasse est stratégique et tactique, le président ne peut rien faire pour améliorer sa situation. Même s’il n’en est peut-être pas conscient, l’autocrate russe ne peut rien entreprendre sans aggraver non seulement sa situation personnelle, mais encore celle du peuple russe et de l’espace qui environne la Russie. Espace qui, comme l’a déclaré Poutine à Astana [le président russe était en visite officielle dans la capitale du Kazakhstan à la fin de mai], devient une grande “cible légitime” qu’il faudra “rayer de la carte” en cas de “menace militaire”.

Or c’est précisément ce sentiment d’impasse qui alimente un ressentiment hargneux. Pour sortir de cette voie sans issue, le gouvernement doit prendre certaines mesures, ce qui implique l’escalade. Dans quelle direction pratiquer cette escalade ? Cette question relève de la créativité de l’État, elle est posée aux “élites”, qui doivent réfléchir aux nouveaux moyens d’effrayer le monde civilisé (et non à la manière de sortir de l’impasse) et aussi d’écraser davantage la résistance, y compris passive, à l’intérieur du pays.

Les “élites”, donc, sont occupées. Elles ne songent pas à comploter contre Pout