“C’est une révolution dont on mesure encore mal toutes les conséquences à long terme”, écrivions-nous en octobre 2024, lorsque Courrier international consacrait sa une à “l’effet Ozempic”. À ce moment-là, Wegovy venait d’être autorisé en France, et la presse internationale se faisait déjà l’écho de l’engouement massif autour des médicaments de la classe des analogues du GLP-1 (pour “glucagon-like peptide 1”), une hormone que sécrète le corps humain et qui régule le taux de glucose sanguin et l’appétit. Initialement conçus pour lutter contre le diabète, puis contre l’obésité, ces traitements ont rapidement été utilisés​ aussi pour maigrir − même lorsqu’on n’est pas malade −, notamment aux États-Unis.​

Depuis, de nombreux effets positifs de ces médicaments pour la santé des personnes en surpoids ont été mis en lumière. Alors que la France vient d’annoncer que les traitements Wegovy et Mounjaro, respectivement produits par le danois Novo Nordisk et l’américain Eli Lilly, seraient prochainement remboursés par la Sécurité sociale, voici quatre articles pour mieux comprendre ces médicaments et le phénomène de société qu’ils ont provoqué.

• De nombreux bienfaits pour la santé

Alors que la planète comptait un milliard de personnes obèses en 2022, selon l’Organisation mondiale de la santé, et que la part d’adultes obèses “a plus que doublé depuis 1990”, l’obésité et les maladies qui y sont associées sont depuis longtemps un problème majeur de santé publique. La situation aux États-Unis, où “40 % des plus de 18 ans” sont touchés, est “encore plus grave”, rappelait Quartz en 2024. Dans ce contexte, diverses études ont montré, ces dernières années, combien les traitements antiobésité avaient un effet positif sur divers aspects de la santé − en particulier sur le plan cardiovasculaire. Nous vous l’expliquions dès octobre 2024 dans cet article :

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• Une révolution (aussi) pour l’économie

Aux États-Unis, en Chine, en Inde… Partout dans le monde, une ruée vers les traitements antiobésité a été observée ces deux dernières années par la presse étrangère. À titre d’exemple, en 2024, un Américain sur huit avait déjà testé pour maigrir l’un des médicaments à base de sémaglutide, sans forcément être obèse ou diabétique. Un tel engouement a eu des effets rapides sur l’économie, transformant le commerce, de la conception à la taille des vêtements, en passant par l’alimentation et même les rayons des supermarchés. The Washington Post a voulu mesurer l’ampleur de cette tendance, dans cet article traduit par Courrier international :

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• Le problème de la reprise de poids, et une piste pour le régler

Quand les utilisateurs interrompent leurs traitements antiobésité à base de GLP-1, comme l’Ozempic, le Wegovy ou le Mounjaro, ils reprennent fatalement du poids, et ce quatre fois plus vite que ceux qui se sont mis au régime et ont fait de l’activité physique. C’est ce que montre une vaste étude parue au début de janvier dans The British Medical Journal. “Les bénéfices des traitements antiobésité forment une liste très longue, mais ils passent dès que les patients arrêtent les traitements”, résume le site spécialisé en actualités médicales Stat News.

Face à cette problématique, une nouvelle étude parue dans Nature Medicine et présentée à la mi-mai lors d’un congrès sur l’obésité montre l’intérêt de l’orforglipron en comprimé pour maintenir la perte de poids après l’arrêt de médicaments antiobésité analogues du GLP-1. Avec un effet sur le tour de taille mais aussi le porte-monnaie, ces comprimés étant plus abordables qu’Ozempic et consorts.

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• Des effets néfastes sur la joie de vivre ?

Alors qu’Ozempic et autres médicaments antiobésité poursuivent leur conquête mondiale, certains patients se livrent sur une sensation très particulière : celle de ne plus rien ressentir, même face à leurs passions. Comme si, en même temps qu’ils leur coupent l’appétit, ces traitements leur ôtaient aussi leur entrain et leur joie. Sous le hashtag #anhédonie sur TikTok ou Instagram, ils sont des milliers à décrire leur quotidien avec cette “nouvelle personnalité Ozempic”.

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