En direct Mercredi 10 Juin 2026
Géopolitique

Xenia Fedorova était responsable d’une « agence de propagande d’Etat » russe, réaffirme Emmanuel Macron

Alors que la présence de la chroniqueuse russe dans les médias français suscite la controverse, Emmanuel Macron rappelle la constance de ses mises en garde depuis 2017.

Xenia Fedorova était responsable d’une « agence de propagande d’Etat » russe, réaffirme Emmanuel Macron
HaitiCreoleRadio.com

Le président français, Emmanuel Macron, a redit, jeudi 4 juin, que la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d’être la voix du Kremlin dans des médias français, était déjà au service de la « propagande d’Etat » russe en 2017 et que « les choses n’avaient pas changé » depuis.

« Je vous renvoie à ce que je disais à Versailles en juin 2017 assez clairement, en présence du président [russe, Vladimir] Poutine, devant une personne qui était à l’époque en charge prétendument d’un média, mais qui était une agence de propagande d’Etat », a-t-il déclaré en référence à l’ancienne directrice de la chaîne d’information RT France (Russia Today), interdite dans l’Union européenne en 2022, dans la foulée de l’invasion russe en Ukraine.

« Les choses n’ont pas changé. Je pense la même chose », a-t-il ajouté au côté du président monténégrin, Jakov Milatovic, lors d’une visite au Monténégro axée notamment sur la coopération en matière de lutte contre les ingérences étrangères.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le titre de séjour de Xenia Fedorova, la chroniqueuse pro-Kremlin des médias Bolloré, provoque l’embarras au sommet de l’Etat

« Propagandiste patentée »

Xenia Fedorova, qui défend régulièrement les positions du Kremlin dans les différents médias du milliardaire conservateur français Vincent Bolloré, a vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, ce qui a suscité de nombreuses réactions. « Ce n’est pas le président, par une décision souveraine, qui remet en cause les titres de séjour ou qui les donne. C’est une bonne chose. Il y a des règles et des procédures dans notre pays. Il faut qu’elles soient respectées », a expliqué M. Macron.

De son côté, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait déjà assuré qu’il n’y avait eu aucune « intervention » du gouvernement lors de la prolongation, en 2024, de son titre de séjour. Son homologue aux affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déjà qualifié la chroniqueuse de « propagandiste patentée, qui sert de relais à la désinformation du Kremlin ».

Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont demandé depuis à l’Union européenne (UE) de prendre des sanctions à l’encontre de Mme Fedorova, « propagandiste russe notoire », coupable, selon eux, de la diffusion de « narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE ».

Edouard Philippe, ex-premier ministre d’Emmanuel Macron et candidat à la présidentielle de 2027, a jugé que « relayer à Paris les positions de la Russie, c’est critiquer la position de la France ». Quant à Raphaël Glucksmann, président du parti Place publique et possible candidat à la présidentielle, il a jugé pour sa part qu’il fallait lui « retirer le micro », estimant qu’il s’agissait d’une « agente russe » au service d’un régime qui « menace directement » l’Europe.

Lire l’entretien | Article réservé à nos abonnés Thibaut Bruttin, directeur général de RSF : « L’“affaire Xenia Fedorova” nous rappelle qu’il faut mieux protéger notre espace informationnel »

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent Au Rwanda, le fléau des glissements de terrain : « Ici, la t… Article suivant Année après année, le pouvoir chinois efface la mémoire du m…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !