« Je ne pense pas avoir été suivie », souffle, comme pour se rassurer, Maria Angelica Ramirez, 60 ans, rencontrée dans une ville de la périphérie de La Havane, la capitale cubaine. La sexagénaire, originaire de la commune de San Antonio de los Baños, a pris d’infinies précautions pour tromper la vigilance des autorités et se rendre, un mercredi matin de la fin avril, au lieu de rendez-vous qu’elle avait préalablement choisi : un petit parc discret dans une localité voisine, non loin de l’aéroport international José-Marti.
Cette grand-mère aux grands yeux tristes n’en démord pas : « la sûreté de l’Etat » surveille ses faits et gestes depuis l’arrestation de son fils, Denis Hernandez Ramirez, condamné à six ans de réclusion pour avoir participé aux manifestations du 11 juillet 2021, un mouvement de colère contre les conditions de vie à Cuba, qui avait fait vaciller le pouvoir castriste. Depuis, la sexagénaire a reçu de fréquentes « visites » des agents des forces de l’ordre, à son domicile mais aussi, jusqu’à son départ à la retraite, sur son ancien lieu de travail. Pour lui intimer l’ordre, par exemple, de ne pas prendre part aux manifestations. « Même le 1er mai », s’agace Maria Angelica Ramirez, qui reste sur ses gardes tout au long de son récit et baisse la voix dès qu’un passant approche.
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