Par où commencer une visite sélective des lieux qui comptent à Genève ? Peut-être par l’hôtel cinq étoiles La Réserve, à l’entrée est de la ville. Posé dans un parc arboré de 4 hectares au bord du lac Léman, il vient d’inaugurer un nouveau spa, où la clientèle fortunée profite de soins anti-âge à la pointe de la génétique, qui font fureur chez tous ceux qui ont les moyens de s’offrir l’illusion de repousser les limites de la décrépitude biologique.
Moins historique que l’Hôtel des Bergues, au centre-ville, et moins exposé, La Réserve occupe la même fonction essentielle de carrefour de toutes les intrigues. On y déjeune, on y dîne et on y deale, bien plus qu’on y dort. Dans les salons, à la chaude décoration tropicale de l’architecte d’intérieur français Jacques Garcia, très tendance au début des années 2000, ce sont des discussions d’affaires ou des rendez-vous diplomatiques, non loin des deux centres de gravité de la ville : le quartier des banques, rive gauche du Rhône, et celui des Nations, autour du siège européen de l’Organisation des Nations unies (ONU). Un financier de la place (connu de la rédaction) nous avait confiés un jour avoir « organisé une grande fête à La Réserve, pour célébrer [son] premier million de francs dépensés sur place ».
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