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À Ibiza, l’Amnesia célèbre 50 ans de fêtes inoubliables

L’Amnesia fête ses 50 ans et “El País”, ainsi que “DJ Mag”, reviennent sur l’histoire hors norme de cette discothèque devenue l’un des lieux les plus emblématiques de l’île des Baléares et de la culture club mondiale.

À Ibiza, l’Amnesia célèbre 50 ans de fêtes inoubliables
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Musique. À Ibiza, l’Amnesia célèbre 50 ans de fêtes inoubliables

“Amnesia fait partie de l’imaginaire collectif de l’île.” L’île ? Ibiza, 572 km2 sur lesquels se pressent des dizaines de milliers de clubbeurs chaque été, et dont l’Amnesia est l’un des lieux les plus emblématiques.

Car “la musique électronique est partie intégrante de l’identité” de la capitale mondiale de l’hédonisme, et “avec le Pacha, créé trois ans plus tôt, l’Amnesia est l’autre grande référence festive et historique de l’île. Sur cette piste, on a pu vivre l’évolution de la musique électronique avec un grand ‘E’”, tranche Katy Lema dans le long article qu’elle consacre aux 50 ans du club baléarique dans El País.

“L’Amnesia n’a jamais cherché à suivre la tendance, mais à créer la sienne, renchérit Kristan J. Caryl dans le magazine spécialisé DJ Mag. Ce qui a commencé en 1976 comme un refuge pour les marginaux est devenu le creuset du Balearic beat, le catalyseur de l’explosion de l’acid house en Grande-Bretagne et une pierre angulaire de la mythologie d’Ibiza.”

Tout cela est arrivé sans prévenir, reprend ce fin connaisseur d’Ibiza, qui évoque l’éclectisme des premiers DJ résidents, les légendaires Alfredo (Fiorito) et Leo (Mas), les levers de soleil sur la terrasse et “la liberté sans limites de ces aubes”.

Même la création du club tient de la mythologie. Dans les années 1970, “le Woodstock espagnol”, comme l’appelle El País, est la terre d’accueil des hippies et des insoumis à la guerre du Vietnam. Antonio Escohotado, un penseur espagnol en rupture (il sort de deux ans de prison pour trafic de stupéfiants), s’y réfugie pour “créer un lieu où les gens pourraient oublier un instant leur quotidien et se laisser aller”.

Ce sera sur une finca du XVIIIe siècle d’un blanc éclatant qu’il va louer à une riche veuve aristocrate.

La structure de l’Amnesia cache toujours cette maison de campagne. “C’est à cet endroit même qu’on danse encore aujourd’hui, entre des murs en pierre d’Ibiza et une structure rénovée comprenant deux salles phares : le dancefloor principal et la terrasse”, raconte El País.

Désormais presque entièrement couverte, la terrasse “a été et reste le grand trésor de ce lieu, où ont été organisés tant d’afters et de fêtes en plein jour autour d’un ancien puits transformé en piscine”.

L’arrivée d’Alfredo Fiorito en 1983 a tout changé. Fini le jazz et les concerts acoustiques : sur la terrasse en plein air, le DJ argentin mêle rock, disco, funk, pop à la house naissante.

“Il savait capter l’énergie du soleil levant d’une manière qui amplifiait la musique et faisait vibrer les gens d’une manière unique”, s’émerveille encore DJ Mag.

“Il n’y a pas eu de stratégiecommerciale calculée.Juste d’heureux hasardset une alchimie :les bons disques,les bonnes personnes,la bonne île.”

Le journaliste Kristan J. Caryl, dans le magazinespécialisé DJ Mag

C’est la naissance du Balearic beat avant l’explosion, en 1987, de l’acid house.

Dans DJ Mag, le DJ britannique Terry Farley raconte la foule bigarrée sur le dancefloor : “des Italiens à l’allure aristocratique, des jeunes de South London en tenue flower power, des stars”.

Les années 1990 voient s’installer des soirées incontournables (Cream, Renaissance, God’s Kitchen, Cocoon, La Troya…). Avec des DJ comme Tiësto, Ferry Corsten, Armin van Buuren, Paul Oakenfold ou Sven Väth, l’Amnesia devient le temple de la trance et de l’EBM.

Plus tard, Ricardo Villalobos et Richie Hawtin lui donnent des couleurs techno.

Jusqu’à 5 000 personnes se pressent sur le dancefloor. Le secteur de la fête se professionnalise, l’espace est réaménagé pour se conformer aux normes de sécurité.

“Nous enchaînons140 événements,jour après jour.C’est un festival quotidien.Ici, à 6 heures du matin,une fête se termine,on nettoie et on préparela suivante. Et chaque jourest une production différente.”

Beatriz Murillo, responsable de la communicationet du marketing, à El País

À l’heure des mégaclubs tenus par des fonds internationaux, l’Amnesia reste farouchement indépendant, dirigé par la famille Ferrer depuis 1991.

Et compte encore : il est le 16e club mondial dans le classement de DJ Mag, qui fait autorité.

Malgré son nom, conclut le magazine spécialisé, “le rôle qu’Amnesia a joué dans l’histoire de la musique dance restera à jamais gravé dans les mémoires”.

Matthieu Recarte
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