Un agent de la police américaine de l’immigration (ICE) a été inculpé, lundi 18 mai, pour avoir blessé par balle un immigré vénézuélien à une jambe au cours d’une intervention mi-janvier menée près de son domicile à Minneapolis. La ville du Minnesota était alors l’épicentre de la contestation contre les méthodes brutales de ces agents fédéraux. Deux citoyens américains y ont été tués par des policiers fédéraux ce même mois de janvier, en marge de manifestations contre l’ICE.
Le policier quinquagénaire est poursuivi pour quatre chefs d’accusation pour agression et pour un chef de faux témoignage, a détaillé la procureure locale Mary Moriarty au cours d’une conférence de presse. Un mandat d’arrêt national a été émis.
Cet agent et l’un de ses collègues avaient été suspendus de leurs fonctions mi-février pour avoir menti sous serment au sujet d’un coup de feu tiré pendant une opération qui s’était transformée en course-poursuite le 14 janvier.
La justice fédérale avait abandonné peu avant les poursuites qu’elle avait lancées contre deux immigrés vénézuéliens, après avoir constaté que des images de vidéosurveillance contredisaient la version des policiers.
Le policier « n’a pas été frappé du tout »
Au moment des faits, le ministère de la sécurité intérieure avait affirmé qu’un « immigré vénézuélien en situation irrégulière » avait résisté à son arrestation lors d’un contrôle routier et qu’à ce moment-là, « deux individus [étaient] sortis d’un appartement voisin et [avaient] attaqué l’agent avec une pelle à neige et un manche de balai ». Ce dernier avait alors « tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie », blessant un homme à une jambe.
Mais selon le récit de la procureure lundi, le policier n’a « pas été frappé par une pelle ou un balai ». « Il n’a pas été frappé du tout, » a-t-elle déclaré. Cet agent « a tiré à travers la porte d’une maison avec de nombreuses personnes, dont des enfants, à l’intérieur, heureusement en ne touchant pas les autres. » « Il n’existe pas d’immunité absolue pour les agents fédéraux qui commettent des actes criminels dans cet Etat » du Minnesota, a-t-elle affirmé.
A la même période que ce coup de feu, deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, ont été tués par des agents fédéraux en pleine rue à Minneapolis, alors épicentre des vastes opérations de lutte contre l’immigration voulues par Donald Trump. Leur mort a largement indigné l’Amérique, comme les méthodes brutales adoptées par l’ICE et ses agents, qui agissent le plus souvent masqués.