L’avocat général n’a pas pris de gants pour qualifier l’association de malfaiteurs dont Nicolas Sarkozy serait « l’instigateur ». « En projetant des atteintes à la confiance publique les plus graves, avec un niveau opérationnel inégalé, a insisté, lundi 11 mai, Damien Brunet, au premier jour des réquisitions, cette association de malfaiteurs se place au plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître. » L’ancien chef de l’Etat avait été condamné en première instance à cinq ans de détention, le 25 septembre 2025, pour cette seule association de malfaiteurs, et relaxé pour les autres délits. L’implacable réquisitoire de lundi au procès en appel des soupçons de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007 laisse supposer que le parquet général va réclamer une sanction bien plus lourde.
Les trois jours de réquisitions ont été ouverts par le plus ancien des trois avocats généraux, Rodolphe Juy-Birmann, qui a souligné que « cette affaire avait largement participé à dégrader le pacte social, scellant chez nos concitoyens un étrange sentiment de malaise, entre amertume et résignation », « en rompant avec les exigences de probité les plus élémentaires ». Il a eu un mot gentil pour la presse, les associations de lutte contre la corruption et, surtout, les victimes de l’attentat de 1989 du DC-10 d’UTA (170 morts, dont 142 Français) dont « le filet de voix » et « le récit des vies déchirées » ont ému jusqu’au parquet général.
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