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Andy Burnham se dit ouvert à des « excuses officielles » du Royaume-Uni à propos de l’esclavage et écarte toute compensation financière

Le chef du gouvernement britannique a déclaré, samedi, dans une tribune au « Guardian », être à l’écoute et en « faveur » d’excuses.

Andy Burnham se dit ouvert à des « excuses officielles » du Royaume-Uni à propos de l’esclavage et écarte toute compensation financière
HaitiCreoleRadio.com

Le premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré, samedi 31 octobre, dans une tribune publiée dans le Guardian, être ouvert à ce que le Royaume-Uni présente des excuses officielles pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, tout en excluant l’idée de réparations financières.

« La traite transatlantique des esclaves a constitué une violation brutale et barbare des droits de ces personnes, a écrit le dirigeant travailliste. Je tiens à exprimer ma tristesse et mes regrets face à la douleur et aux souffrances endurées par tant de millions de personnes, et à reconnaître à quel point cela continue d’influencer notre monde aujourd’hui. »

Andy Burnham, en poste à Downing Street depuis juillet 2026, a inscrit ses propos avant son déplacement pour le sommet des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth, qui se tiendra du 1er au 4 novembre à Antigua-et-Barbuda, dans les Caraïbes, auquel participera également le roi Charles III, actuellement en visite dans la région.

« Nous proposons d’engager un dialogue structuré avec les personnes touchées par la traite transatlantique des esclaves », a continué le premier ministre. Etre à l’écoute des appels en faveur d’excuses officielles au nom de l’Etat britannique constituera un élément important de ce processus, et je suis ouvert à ces demandes. »

Le rôle central tenu par le Royaume-Uni dans l’esclavage et les mauvais traitements infligés à ses sujets colonisés marque profondément la tournée actuelle du roi Charles III dans les Caraïbes. Des pays de la région ont réitéré leurs appels à des excuses et des réparations.

Aux Bahamas, mardi, au premier jour de sa visite, le roi a reconnu « les grandes souffrances du passé ». Il avait déjà décrit l’esclavage comme les « jours les plus sombres » de l’histoire britannique. Mais ni la famille royale ni le gouvernement britanniques n’ont jusqu’ici présenté des excuses officielles concernant l’esclavage ou proposé de verser des réparations.

Des déclarations « décevantes »

Dans sa tribune, Andy Burnham a gardé la ligne existante, et exclu de telles compensations financières. « Je ne pense pas que ce soit la bonne solution », a-t-il écrit. « Je ne pense pas que les Britanniques d’aujourd’hui puissent être tenus pour responsables de torts historiques, aussi odieux soient-ils, qui se sont produits à une autre époque, en vertu de lois différentes, et auxquels ils n’ont pas pris part personnellement ».

Denis O’Brien, fondateur du groupe The Repair Campaign, qui se présente comme un mouvement transatlantique en faveur de la justice réparatrice pour les Caraïbes, a jugé les déclarations d’Andy Burnham « décevantes ». « Le gouvernement britannique doit cesser de brouiller les pistes et présenter dès maintenant des excuses complètes et officielles. Ce serait une première étape importante et symbolique vers la justice réparatrice », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur Instagram.

Selon l’ONU, entre le XVIe siècle et la fin du XIXe, quelque 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants d’Afrique ont été victimes de la traite transatlantique. Le Royaume-Uni a tiré profit pendant des siècles de la colonisation et de la traite des esclaves. En 1833 a été promulgué l’Abolition Bill, prévoyant une abolition progressive de l’esclavage dans les colonies britanniques.

Le Monde avec AFP

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