Depuis le 24 juillet, Charles-Henry Martin est sur le pont. Le psychiatre, responsable de la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) de Gironde, coordonne la prise en charge des victimes des incendies qui ont ravagé le département. En première ligne, les pompiers ont payé un lourd tribut avec 2 décès et une centaine de blessés. Le feu, qui a démarré le 22 juillet, a détruit plus de 42 000 hectares et entraîné l’évacuation d’environ 220 000 personnes, dont certaines sont restées pendant plusieurs jours sans connaître l’état de leur domicile. Par son ampleur et sa durée – il n’a été « fixé » que le 1er août –, cet incendie est devenu l’un des plus vastes jamais recensé en France, si ce n’est en Europe.
Ce mercredi 5 août, le docteur Martin reçoit au Porge, l’une des communes les plus durement touchées avec près de 200 habitations parties en fumée. Nombre d’habitants bouleversés et sidérés viennent chercher une aide psychologique. Le traumatisme est aussi palpable à Bordeaux. « Ma propre famille avait préparé des papiers et des caisses de souvenirs à charger dans la voiture, tant le feu semblait aux portes de la ville », raconte le psychiatre Xavier Pommereau.
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