En direct Mercredi 1 Juillet 2026
Géopolitique

Au Liban, la communauté chiite entre fierté et amertume face au Hezbollah, au deuil et à l’exil

Au sortir d’une guerre dévastatrice, relancée en mars par le Parti de Dieu contre Israël, sympathisants et opposants de l’organisation s’interrogent sur le sens des sacrifices consentis alors qu’un accord-cadre a été signé le 26 juin entre le Liban et l’Etat hébreu.

Au Liban, la communauté chiite entre fierté et amertume face au Hezbollah, au deuil et à l’exil
HaitiCreoleRadio.com
  • International International International
  • Conflit Israël-Hezbollah Conflit Israël-Hezbollah Conflit Israël-Hezbollah

Au Liban, la communauté chiite entre fierté et amertume face au Hezbollah, au deuil et à l’exil

Par Hélène Sallon (Beyrouth, Haret Saïda, Kfar Hatta, Srifa [Liban], envoyée spéciale)
Publié aujourd’hui à 12h00, modifié à 12h46

Temps de Lecture 12 min.

Nahida Fakih est assise à l’ombre d’un arbre, devant sa maison éventrée par un missile israélien, à Srifa, dans le sud du Liban. Enveloppée dans une abaya noire, elle fume le narguilé, son petit-fils de 5 mois à ses côtés. La Libanaise de 55 ans est fière des sacrifices qu’elle a consenti à faire pour la « résistance » du parti chiite Hezbollah contre Israël. Son mari, Youssef, et son fils aîné, Jaafar, sont au front. Un neveu y a été tué. Son fils cadet, Hussein, 21 ans, se remet des blessures qu’il a subies au combat lors de la guerre de 2024.

« Toute notre richesse, nos garçons et nos familles, sacrifiés pour la résistance, c’est la voie de l’imam Hussein. Il est notre référence dans la lutte contre l’injustice », dit-elle. La commémoration, vendredi 26 juin, de l’Achoura – le martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, tué lors de la bataille de Kerbala, en 680 – avait un goût de « victoire ». « Après la guerre de 2024, nous étions brisés. Aujourd’hui, on se sent victorieux, malgré les martyrs et les destructions. Grâce au soutien de l’Iran, un nouveau rapport de force s’est établi, et la résistance continuera tant qu’Israël nous occupera », jure Nahida Fakih, en désignant son autre petit-fils de 5 ans, lui aussi prénommé Hussein, la « relève ».

Au sein de la « société du Hezbollah », la résistance à l’occupation israélienne justifie, pour certains, le prix payé dans la guerre. Il est exorbitant : plus de 4 200 morts, dont une majorité de civils ; 60 villages rasés et occupés par Israël dans le sud du pays ; et des centaines de milliers de déplacés. La résilience du Parti de Dieu et le soutien de Téhéran – qui a conditionné un accord avec les Etats-Unis à un cessez-le-feu et au retrait israélien du Liban – ont de nouveau légitimé la lutte armée. L’impuissance de l’Etat libanais à obtenir ces concessions de l’Etat hébreu lors des discussions directes à Washington et dans l’accord-cadre signé vendredi 26 juin conforte leurs vues.

Il vous reste 89.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent The space under Article suivant Un ex-ministre, cofondateur de l’“Uber indonésien”, derrière…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !