“Les habitudes de voyage des Américains se sont transformées ces dernières décennies. Ce pays naguère casanier compte désormais des voyageurs zélés à la bourse bien garnie, qui s’immiscent jusqu’à la moindre ruelle pavée d’Europe et sont en train d’envahir à grande vitesse des destinations moins connues”, rapporte The Wall Street Journal.

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Signe de ce changement, la possession d’un passeport s’est démocratisée. “En 1990, moins de 5 % des Américains avaient un passeport. À présent, plus de 50 % des gens en ont un, en partie sous l’effet de l’obligation instaurée en 2007 de détenir un passeport pour voyager au Canada, au Mexique et aux Caraïbes”, indique le quotidien des affaires. (La mesure, prise à la suite des attentats du 11 septembre 2001, imposait de présenter un passeport pour rentrer aux États-Unis.)

L’Europe du Sud très prisée

Le Wall Street Journal souligne, graphiques à l’appui, à quel point cet afflux touristique s’est accru sur le Vieux Continent, en particulier après la pandémie. “En 2025, les Américains ont effectué 24 millions de voyages en Europe, un record. Le Portugal a accueilli l’an dernier près de cinq fois plus de visiteurs des États-Unis qu’il y a dix ans. La Grèce, quatre fois plus.” Ce sont le Royaume-Uni et l’Italie, premières destinations des Américains en Europe (devant la France), qui ont enregistré le plus grand nombre de voyageurs supplémentaires depuis dix ans. Et beaucoup de ces touristes d’outre-Atlantique “viennent plusieurs fois dans une même année”.

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À l’origine du phénomène, selon le journal, il y a surtout le dynamisme économique des États-Unis, qui offre à un vaste groupe démographique les moyens de voyager. Les seniors, qui ont accumulé de la richesse, sont les premiers à en profiter ; mais les jeunes générations, au moins aussi accro, préfèrent souvent mettre leur argent dans les voyages plutôt que dans le logement ou les enfants.

Cette aisance financière permet aux Américains de “dépenser plus que les Européens pour chaque voyage”, notamment dans les produits et services de luxe, “tirant parti d’un dollar fort”. Ce qui alimente l’économie touristique mais crée parfois des tensions, surtout dans le sud de l’Europe, autour du surtourisme et des prix du logement.