Au sommet de Kfar Hatta, un village escarpé situé à l’est de Saïda, la principale ville du sud du Liban, une maison a été réduite à un amas de béton par un bombardement israélien. Le chemin du domaine, encombré de gravats, n’a pas été déblayé. La frappe, mercredi 13 mai, n’a pas fait de victimes. Vendredi, le réseau électrique, endommagé par l’explosion, était en cours de réparation.
Le bombardement a été précédé d’un ordre d’évacuation, synonyme de frappe imminente. Le maire, Hussein Salmane, affilié au parti chiite Amal, a organisé les départs en urgence du village. Deux heures après que Kfar Hatta est apparu en rouge sur la carte diffusée par l’armée israélienne et reprise dans les médias libanais, la frappe a eu lieu. Depuis, une majorité d’habitants sont rentrés chez eux. Pourtant, explique le maire, « on ne sait jamais vraiment si un ordre d’évacuation a pris fin ».
De peur de nouveaux bombardements, des résidents dorment dans leur voiture sur le bord de la route, à distance du village, selon M. Salmane. Il estime que le ciblage du Sud – et plus précisément, de localités chiites – par l’armée israélienne, depuis la trêve du 17 avril, constitue « une pression sur la communauté chiite [majoritaire dans le Sud], une façon de vider la région de ses habitants et de créer des divisions internes au Liban ». Depuis son annonce à la mi-avril, la trêve est violée quasi quotidiennement, principalement par l’armée israélienne, mais aussi, à un degré moindre, par le Hezbollah.
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