Sur une carte, projetée sur grand écran, des icônes illustrent les attaques israéliennes sur le sud du Liban, classées par catégories : bombardements aériens, tirs d’artillerie, largages de phosphore blanc… La masse formée par les symboles d’avions de guerre signale l’étendue et la répétition des bombardements. Des points indiquent les centaines de localités qui ont été soumises à des ordres d’évacuation de la population. Des taches de couleur graduées marquent les destructions. Ces représentations ne sont qu’une petite partie du travail de cartographie mené par le Conseil national de la recherche scientifique libanais (CNRS-L), le bras scientifique du gouvernement, dont les locaux sont situés à Jnah, au sud de Beyrouth.
Depuis la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars, l’institution, qui dépend directement du premier ministre, Nawaf Salam, a établi une gigantesque base de données spatiale et temporelle. Elle recense au quotidien les opérations israéliennes et les dommages qu’elles engendrent au Liban, où près de 3 700 personnes ont été tuées depuis le 2 mars. Des jeunes experts, dévolus d’ordinaire à la prévention des désastres naturels, modélisent les pertes subies (habitat, édifices religieux, ponts, stations de pompage…).
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