C’est “un nouveau coup contre le patrimoine culturel du Pérou”, regrette le journal local Expreso. Dans la zone archéologique de la Quebrada Santo Domingo, située dans la province de Trujillo (région de La Libertad, nord-ouest), la Triple Spirale, un géoglyphe préhispanique datant de plus d’un millénaire, a été totalement et probablement volontairement détruite.
La piste privilégiée est celle d’une vengeance commise par un groupe de marginaux qui venaient d’être chassés par la police des constructions illégales dans lesquelles ils vivaient. Celles-ci se trouvaient sur un terrain proche de ce gigantesque motif géométrique visible du ciel, de plus de vingt mètres de long et six de large.
Le géoglyphe présentait “des caractéristiques rappelant les célèbres lignes de Nazca”, écrit le quotidien péruvien, en référence aux animaux stylisés et aux lignes géométriques tracées au sol en enlevant les couches superficielles de terre et de pierres, dans le sud du Pérou, par des membres de la civilisation nazca (du Ie au VIIIe siècle avant J.-C.). Ces figures, encore empreintes de mystères, sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.
C’est une “perte irréversible” qui “met au jour la fragilité d’un territoire censé être protégé par loi, mais assailli par les mafias qui envahissent les terrains publics”, se lamente El País América. Et elle est d’autant plus douloureuse que ce n’est pas la première fois que le géoglyphe de la Triple Spirale était menacé. De fait, en 2015, il avait été partiellement effacé par de la machinerie lourde, alors que les terrains étaient utilisés comme carrière et exploitations agricoles.
La Direction décentralisée de la culture de La Libertad a exprimé sa “réprobation et sa condamnation énergiques” face à ce qu’elle a qualifié de perte totale d’un témoignage archéologique “lié aux rituels et aux technologies hydrauliques des sociétés qui peuplaient la région il y a plus d’un millénaire”, rapporte Infobae.
Des archéologues tentent de déterminer s’il est possible de restaurer une partie du géoglyphe, mais son effacement est d’ores et déjà un “dommage très grave à l’histoire du Pérou”.
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