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Astronomie

Au plus près des fjords du Groenland pour comprendre les écosystèmes fragiles

Sur le brise-glace « Amundsen », une trentaine de scientifiques ont parcouru la côte ouest du Groenland en août pour étudier les effets du réchauffement climatique sur les écosystèmes des fjords. « Le Monde » était à bord.

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Au plus près des fjords du Groenland pour comprendre les écosystèmes fragiles

Par Léa Bello (à bord de l’« Amundsen » dans l’océan Arctique, envoyée spéciale)
Publié aujourd’hui à 18h00

Temps de Lecture 13 min.

Le vacarme les a sortis de leur laboratoire flottant. Dans le pâle soleil couchant de l’Arctique, à l’embouchure du fjord Petermann, une dizaine de scientifiques se masse à la proue du brise-glace Amundsen, se mêlant aux membres de la garde côtière canadienne déjà au spectacle. Tout le monde retient son souffle alors que le navire de 98 mètres se cabre sur une large plaque de banquise de l’hiver précédent. Un instant suspendu, puis un craquement, de plus en plus fort. Les moteurs ronflent, et l’Amundsen s’engage dans la brèche.

« Il n’est plus tout jeune, mais il a encore de la ressource », dit en souriant le commandant Pascal Pellerin, à la tête du navire de la garde côtière canadienne depuis cinq ans, alors que des morceaux de glace de plus de 1 mètre d’épaisseur raclent la coque rouge. Depuis le 6 août, il conduit les 31 scientifiques de la mission Cascades dans les fjords de la côte ouest du Groenland. Cette expédition, organisée par l’Institut nordique du Québec et les instituts polaires suisse et français, étudie les effets en cascade du réchauffement climatique sur ces écosystèmes à l’interface entre l’eau et la glace, ainsi que leur capacité de résilience.

Une dernière plaque de banquise sépare le navire du fjord Petermann. Désormais plus proche du pôle Nord que de son point de départ, l’Amundsen continue son chemin entre les falaises. Quand le front du glacier apparaît enfin, ses 15 mètres de haut semblent dérisoires face aux parois rocheuses qui culminent à 1 200 mètres. Le brise-glace ralentit et manœuvre pour atteindre l’emplacement des derniers prélèvements d’eau et de sédiments réalisés ici en août 2019. Ce point, dans l’espace et le temps, servira de référence pour les nouvelles analyses.

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