Des résultats électoraux catastrophiques, près du quart des députés Labour qui souhaitent son départ et Wes Streeting, son ministre de la santé, qui démissionne, jeudi 14 mai : malgré ces désaveux en chaîne, le premier ministre britannique, Keir Starmer, s’accroche à Downing Street. Plus personne à Westminster ne croit qu’il peut s’y maintenir pour longtemps, mais les convulsions de son gouvernement pourraient bien se prolonger, usant les nerfs des journalistes et la patience des Britanniques, s’il ne décide pas lui-même de jeter l’éponge.
Pour des raisons tactiques et pratiques, au Royaume-Uni, l’éviction d’un chef de parti, surtout au Labour, n’a rien d’un exercice de routine. Les responsables politiques ont tous en tête l’adage selon lequel « celui qui manie le couteau n’obtient jamais la couronne ». Autrement dit, celui ou celle qui prend l’initiative de contester ouvertement l’autorité du chef, finit rarement par le remplacer, sa réputation ayant été fatalement ternie par sa manœuvre.
La mésaventure de Michael Heseltine, ministre de la défense de Margaret Thatcher, illustre le dicton. C’est lui qui déclenche, en 1990, la primaire interne qui aura raison de la Dame de fer. Mais c’est John Major, qui la gagne et entre à Downing Street. Plus récemment, c’est la démission, le 5 juillet 2022, de Rishi Sunak, alors chancelier de l’échiquier, qui a fait tomber Boris Johnson. Pourtant, la ministre des affaires étrangères de l’époque, Liz Truss, est préférée par les membres du Parti conservateur lors de la primaire – Rishi Sunak n’aura pas longtemps à attendre pour prendre sa revanche, Liz Truss n’ayant duré que 49 jours à Downing Street.
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