La nuit dernière, Caracas ressemblait à une cité en exode. Ses habitants marchaient dans la rue, alourdis de sacs, de valises, avec leur chien, leurs oiseaux et leurs chats en cage, cherchant où passer la nuit. Le séisme a secoué toute la ville, et ils ont été poussés dehors par la peur que les immeubles encore debout ne s’effondrent – et par le traumatisme de cette secousse qui a duré plus de 40 secondes.

Il était 18 heures, heure locale [six heures de plus en France], quand deux tremblements de terre, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, survenus à seulement 39 secondes d’intervalle, ont secoué tout le nord du Venezuela. La capitale Caracas a été particulièrement touchée, mais les informations sur la catastrophe arrivent au compte-goutte, et quatre heures après le séisme, c’est tout juste s’il y avait des chiffres officiels.

L’épicentre se trouve dans le nord-ouest de la commune de Montalbán, dans l’État de Carabobo, à seulement 13 kilomètres de profondeur, ce qui explique la puissance de la secousse en surface. Elle a été ressentie de Trujillo jusqu’à La Guaira et a frappé avec violence Caracas, à 300 kilomètres environ. La capitale vénézuélienne n’avait pas connu un séisme d’une telle ampleur depuis 1967, quand un tremblement de terre de 6,7 avait fait 236 morts et environ 2 000 b