La cour suprême des Philippines a refusé, mercredi 20 mai, d’empêcher l’arrestation d’un sénateur en fuite, ex-chef de la police sous le président Rodrigo Duterte, aujourd’hui recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.
Le parlementaire s’était brièvement réfugié la semaine dernière au Sénat pour échapper à son arrestation, alors que le gouvernement tentait de faire appliquer le mandat d’arrêt délivré par la CPI. Il avait ensuite quitté, jeudi, le bâtiment en toute discrétion.
« La Cour suprême, par un vote de 9-5-1, a rejeté la demande d’ordonnance de non-exécution provisoire ou d’ordonnance de statu quo déposée par le sénateur » Ronald « Bato » Dela Rosa, selon un communiqué de la juridiction.
Le gouvernement philippin avait demandé le rejet de cette requête. Cet arrêt laisse le champ libre à l’arrestation du parlementaire, dont on ignore la localisation.
Milliers de morts
Ronald Dela Rosa, chef de la police entre 2016 et 2018 et sénateur depuis 2019, est recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité en lien avec la guerre antidrogue menée sous l’ex-président Duterte (2016-2022) dont il a été le principal artisan.
Cette campagne a fait des milliers de morts, dont de nombreux usagers et petits revendeurs de stupéfiants, selon des organisations de défense des droits humains. On ignore dans l’immédiat si Manille va tenter de l’appréhender.
Claire Castro, porte-parole de l’actuel président, Ferdinand Marcos Jr, a dit à des journalistes que, « pour le moment, nous pouvons dire que le mandat d’arrêt contre le sénateur Bato Dela Rosa est valide », et qu’il revenait au ministre de la justice, Fredderick Vida, d’interpréter la décision de la Cour. Le ministre n’a pas réagi dans l’immédiat.
M. Dela Rosa argue de l’illégalité du mandat de la CPI. Il met en avant que les Philippines se sont retirées en 2019 du traité l’ayant instituée.