Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a appelé Washington à revoir « en profondeur » l’application de sa politique migratoire dans le cadre de la Coupe du monde de football, mercredi 10 juin.
« J’espère vraiment qu’il y aura une remise en question en profondeur de la manière dont l’application des politiques migratoires affecte les droits humains et la dignité humaine, et que, notamment dans le cadre de la Coupe du monde, on repensera les politiques qui, malheureusement, semblent prévaloir actuellement, en particulier aux Etats-Unis », a dit Volker Türk lors d’une conférence de presse à Genève.
Alors que la compétition doit débuter jeudi 11 juin, les tensions se sont récemment multipliées autour de la stricte politique migratoire américaine, embarrassant la Fédération internationale de football association (FIFA). Celle-ci, qui ne peut que constater les dégâts, explique dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».
Plusieurs participants refoulés
Le couac le plus retentissant concerne l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé par la police des frontières américaine samedi à son arrivée à Miami, en Floride. Ecarté par la FIFA, il a déploré auprès du New York Times que « le plus grand rêve de [s]a vie » ait volé en éclats. La Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux Etats-Unis par l’administration Trump, a défendu « l’intégrité » de son arbitre, assurant que celui-ci disposait d’un visa en règle. Le département d’Etat s’est contenté de répondre que l’arbitre était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».
D’autres pays ont connu des problèmes administratifs à leur arrivée aux Etats-Unis. C’est le cas, selon le quotidien britannique The Guardian, de l’Irak, dont l’attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago. Le photographe officiel de la sélection irakienne, Talal Salah, s’est par ailleurs vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide. En ce qui concerne l’attaquant suisse Breel Embolo, privé la semaine dernière d’autorisation administrative pour entrer aux Etats-Unis en raison d’une condamnation judiciaire, il a finalement obtenu un visa et rejoindra ses coéquipiers vendredi.
De même, après une période d’incertitude quant à leur participation, les joueurs et l’encadrement iraniens ont bien reçu leurs visas pour les Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois premiers matchs. Mais plusieurs accompagnateurs ont vu leur demande refusée, parmi lesquels le président de la fédération iranienne, Mehdi Taj. Ils se rendront bien à Los Angeles le 14 juin, par vol charter, la veille de leur entrée en lice contre la Nouvelle-Zélande, a annoncé mardi le porte-parole de la fédération. Cette dernière a cependant accusé les Etats-Unis de lui avoir retiré le quota de tickets réservés à ses supporteurs.