Ce que n’est que le lundi 18 mai que la république de Moldavie a appris l’existence du nouveau décret signé par Poutine : “Les personnes âgées de 18 ans et résidant sur le territoire de la Transnistrie au moment de l’entrée en vigueur du décret peuvent demander et obtenir la citoyenneté de la Fédération de Russie au moyen d’une procédure simplifiée.”
Une décision qui n’a pas suscité les mêmes réactions sur les deux rives du Dniestr, indique le webzine Europa Libera Moldova. “Si, à Tiraspol [capitale de la région séparatiste], les autorités ont salué ce geste, à Chisinau, les dirigeants moldaves l’ont qualifié d’intimidation visant la Moldavie.” L’Ukraine voisine, qui a également une frontière avec la région, laquelle abrite quelque 1 500 soldats d’un groupe opérationnel de l’armée russe, vient d’exprimer son inquiétude par la voix de son président, Volodymyr Zelensky. Il dénonce en effet une tentative de la Russie de recruter “de nouveaux soldats, car la citoyenneté implique le service militaire”, et a proposé aux Moldaves de coopérer pour garantir “une Moldavie stable et forte”.
Une inquiétude justifiée, commente le quotidien moldave Cotidianul.md. “Ce document permet aux habitants de Transnistrie d’obtenir rapidement la citoyenneté russe, sans passer par les étapes prévues par la législation fédérale”, détaille le quotidien, qui prévient : “En Géorgie et en Ukraine, l’attribution de la citoyenneté a été suivie par l’intensification du discours au sujet de la défense des compatriotes russes. Le moment venu, cet argument a été utilisé pour justifier l’intervention militaire.”
La Moldavie sur ses gardes
Cotidianul.md signale que ce décret a des conséquences réelles au niveau international, car ainsi, “le conflit n’est plus seulement un problème gelé de l’espace postsoviétique. Dans le contexte de la guerre en Ukraine et des tensions de plus en plus marquées entre la Fédération de Russie et l’Occident, la Transnistrie redevient un espace géopolitique clé pour la sécurité régionale.”
C’est un argument que le gouvernement de Chisinau a bien compris, explique le quotidien, car ses récentes décisions concernant la région, qui compte près de 300 000 habitants, – comme l’obligation de parler roumain pour obtenir la nationalité moldave, les taxes sur l’exportation de marchandises vers l’UE et même la possibilité d’imposer la monnaie moldave à la place du rouble de Transnistrie – “traduisent la volonté de la république de Moldavie de limiter l’autonomie de la région et de réintégrer progressivement le régime de Tiraspol du point de vue juridique, économique, politique”.
Dans le contexte d’une future adhésion à l’UE, voire d’une réunion avec la Roumanie, ces mesures peuvent se révéler utiles à long terme. Chisinau autorise la double citoyenneté, mais s’octroie le droit de la retirer en cas de collaboration avec l’ennemi.
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