Musique. Baby Keem, le très talentueux protégé de Kendrick Lamar
Il est sûrement le plus talentueux des nepo babies, s’amusent à commenter certains critiques américains. Car Baby Keem est issu de la royauté du rap US, vu qu’il est… le cousin de Kendrick Lamar.
C’est d’ailleurs leur featuring Family Ties qui l’a propulsé au-devant de la scène en lui permettant de remporter un Grammy en 2019.
Sa gloire a pu susciter quelques médisances, que le chanteur de 25 ans a choisi d’ignorer, n’ayant jamais eu pour but que d’“impressionner” son célèbre cousin, assure-t-il au New York Times, qui l’a rencontré au lancement de sa tournée aux États-Unis puis en Europe.
Un défi de taille toutefois pour le chanteur de 25 ans, tant Kendrick Lamar incarne un rap exigeant, aussi avant-gardiste que divertissant, auréolé d’un immense succès critique et public.
“Savoir que celui queje considère commele meilleur artistede tous les tempsest fan de mon travailet de ce que je peuxaccomplir, c’est cequi me donne le plusconfiance en moi.”
Baby Keem, au quotidien américain The New York Times
Hykeem Jamaal Carter Jr., de son vrai nom, a grandi à Las Vegas.
Aujourd’hui, il raconte son enfance difficile dans Casino, un deuxième album sorti en février, cinq ans après l’inaugural The Melodic Blue.
“Il lui a fallu du temps pour enfin se sentir assez ouvert et compétent pour offrir son propre récit des bas-fonds, de la persévérance et d’occasions extraordinaires sous la forme d’une œuvre d’art percutante”, explique le quotidien américain.
Baby Keem se livre ainsi sur sa mère jeune et toxicomane, qui ne pouvait pas prendre soin de lui, sa grand-mère qui l’a élevé, cette enfance déchirée par des conflits familiaux et la pauvreté, et une adolescence marquée par la mort dans un accident de son oncle rappeur, Gerell, qu’il admirait.
“J’étais perdu. Je savais qu’il fallait que je devienne un homme en quelque sorte”, confie-t-il. Le rap sera la voie pour transfigurer ses émotions.
C’est d’ailleurs aux funérailles de cet oncle qu’il recroise Kendrick.
“J’observais Keem soutenant le poids de notre tristesse à tous, y compris la sienne, le tout en maintenant la dignité et l’honneur de son oncle. Nous ne sommes que le reflet de nos guides, et Keem a mené la famille vers l’amour, la compassion et la possibilité de faire son deuil”, se remémore la star du rap.
Il le prend alors sous son aile, l’amène à Los Angeles et le met en contact avec ses propres équipes.
Baignant dans un environnement artistique offrant de nombreuses possibilités, Baby Keem apprend, s’entraîne, affûte sa plume. Et sa musique trouve un écho, au-delà de l’ombre bienveillante de son aîné, qui est de nouveau présent sur ce nouvel album dans le morceau Good Flirts.
Casino s’est ainsi classé à la quatrième place des albums les plus écoutés du pays à sa sortie.
À cœur ouvert, Baby Keem chante les brisures de son enfance, comme sur le morceau I Am Not a Lyricist, où il scande sur un piano mélancolique : “Too many alcoholics around when grandma went to jail / I was sure I wouldn’t be found, should’ve stayed with Gerrell” (“Trop d’alcooliques dans les parages quand mamie est allée en prison / J’étais sûr qu’on ne me retrouverait pas, j’aurais dû rester avec Gerell”).
Avec une voix flirtant avec les aigus, une scansion et une vulnérabilité qui n’est pas sans rappeler son célèbre cousin. —
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