À 32 ans, “il est l’artiste musical no 1 dans le monde et l’adversaire pop de Donald Trump”. Deux très bonnes raisons pour qu’El País Semanal décide de consacrer sa une du 17 mai à Bad Bunny, qui s’affiche avec une fière allure, lunettes et veste de cuir noires sur fond rouge. Comme le rappelle la revue espagnole, sa carrière est d’ores et déjà phénoménale, alors qu’elle “a débuté il y a à peine dix ans : aucun autre musicien d’aujourd’hui n’a connu une telle ascension.”
La star portoricaine enchaîne les succès depuis la sortie de son album Debi tirar mas fotos aux critiques dithyrambiques, suivi d’une résidence portoricaine estivale et d’une performance au Superbowl très commentées.
La mi-temps du match le plus suivi du football américain sera a priori sa seule date aux États-Unis, l’artiste ayant refusé de s’y produire pour protester contre les rafles de la police de l’immigration états-unienne, ciblant notamment les Latino-Américains.
Destruction contre amour
Mais Benito Antonio Martínez Ocasio, de son vrai nom, s’apprête à débuter sa tournée européenne. Et l’Espagne a la primeur, avec un premier concert prévu à Barcelone vendredi 22 mai – il se produira à Paris les 4 et 5 juillet. Une autre bonne raison pour l’hebdomadaire de consacrer ce dossier spécial à un chanteur dont la musique incarne une forme de résistance et de célébration de son île natale contre l’impérialisme américain. Un message qui résonne bien au-delà ces temps-ci. “Trump & Bad Bunny, Bad Bunny & Trump. Deux faits simultanés, complémentaires : d’un côté la destruction de l’autre l’amour, d’un côté le défenseur de la dignité du peuple de l’autre le Tyran universel, le maître suprême de l’humiliation”, explique l’article principal du dossier.
Cette résistance passe par un renouvellement du reggaeton grâce à un syncrétisme des genres traditionnels du continent sud-américain, mais aussi par la célébration de sa langue. “Benito est à la tête d’un puissant mouvement de fierté linguistique : l’espagnol de Porto Rico vient tenir tête à l’anglais, la langue de l’empire.”
El País Semanal explore davantage cette identité, à travers des articles portant sur l’architecture de la maison de Bad Bunny, typique de Porto Rico, ses lieux préférés sur l’île, son sens de la mode, les détails de sa tournée, mais aussi sur la diaspora portoricaine à New York et les nuits caribéennes de Madrid et Barcelone.
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